À Butembo, au Nord-Kivu, il est devenu fréquent de voir des scènes horribles : des attaques ciblées visant ceux qui ne sont pas considérés comme des originaires Nande, allant jusqu’aux passages à tabac, aux musellements et même aux brûlures.
Les images choquantes circulant sur internet témoignent de cette réalité. Depuis que les rebelles rwandais du M23 ont pris le contrôle de la commune rurale de Kanyabayonga, située à une centaine de kilomètres de Butembo, une véritable chasse à l’homme sévit dans cette ville commerciale du Nord-Kivu.
Des jeunes, affiliés à des groupes non identifiés, prennent pour cible toute personne ayant une apparence physique différente des Nande, la tribu locale, justifiant leurs actes par une prétendue lutte contre l’infiltration rwandaise.
Ces individus arrêtent leurs victimes, vérifient leurs identités, les interrogent et passent à des actes inhumains.
« Ce que font ces jeunes Nande à Butembo relève de la xénophobie, alors que la cohabitation cosmopolite devrait prévaloir en ville. Cette situation risque de provoquer des représailles contre les Nande dans d’autres régions du pays. L’identification des individus relève des services de sécurité. Les autorités congolaises doivent mettre fin à cette situation au plus vite, » a alerté une organisation de défense des droits de l’homme active dans l’Est de la RDC.
Pendant ce temps, le président Félix Tshisekedi prône la cohabitation pacifique sur tout le territoire national, appelant toutes les communautés du Nord-Kivu à vivre ensemble sans se laisser emporter par des divisions tribales.
Tigana Kanku avec Cécile Yondo

