La commune rurale de Bena-Leka, dans le territoire de Demba, a été le théâtre, ce mercredi 19 novembre 2025, d’une marche pacifique organisée pour dénoncer la recrudescence des érosions qui ravagent la région. Ces phénomènes naturels ont déjà provoqué la coupure de la Route Nationale n°41 ainsi que la destruction partielle de la voie ferrée de la SNCC, deux infrastructures essentielles à la mobilité et à l’économie locales.
Initiée par l’Association des Jeunes de Bena-Leka (AJD), avec l’appui de plusieurs habitants et organisations locales, la mobilisation a débuté à l’Hôpital Général de Référence avant de converger vers le bâtiment administratif de la commune. Une atmosphère tendue mais disciplinée a marqué ce rassemblement, fruit d’une inquiétude grandissante face au silence des autorités.
Au terme de la marche, les organisateurs ont lu un mémorandum adressé au Président de la République. Ils y dénoncent la présence de plus de vingt têtes d’érosion actives dans les différents quartiers, menaçant non seulement les voies de communication, mais aussi les habitations, les écoles, les centres de santé et l’équilibre environnemental de la zone.
Les manifestants ont également fustigé l’absence d’exécution du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) dans le territoire de Demba. Alors que ce programme est visible ailleurs dans le pays, aucun projet n’y a été lancé, une situation perçue comme une injustice et un abandon du pouvoir central.
« Il y a urgence ! Nous ne pouvons pas continuer à regarder notre commune mourir à petit feu », ont lancé certains jeunes, appelant le Chef de l’État à s’impliquer personnellement dans la résolution de cette crise environnementale.
La marche, encadrée par les forces de l’ordre locales, s’est déroulée sans incident majeur et s’est conclue par le dépôt officiel du mémorandum au bureau du bourgmestre, qui s’est engagé à transmettre la plainte aux instances compétentes.
La population de Bena-Leka attend désormais des mesures concrètes, consciente que le temps presse face à l’avancée inexorable des érosions.
Dan Narcis Nzuji

