Le calme apparent qui régnait depuis plusieurs mois dans le secteur de l’Entre Kasaï–Luangatshimu, territoire de Tshikapa, a de nouveau été troublé par des tensions entre les groupements Tshinota et Bakua Mfuya. Ces rivalités, enracinées dans des conflits fonciers non résolus, mettent en évidence les difficultés de gestion des terres coutumières dans plusieurs zones du Kasaï.
Au cœur du différend : la délimitation des espaces agricoles et d’habitation dans le village Muamba Mputu, une zone convoitée par les deux communautés. Selon plusieurs sources locales, le manque de cadres de concertation efficaces et l’absence d’une autorité neutre pour arbitrer les litiges ont contribué à l’aggravation de la situation.
« Les deux groupements se disputent la gestion du village depuis longtemps. Ce qui manque, c’est un dialogue soutenu et l’implication des autorités provinciales pour trancher de manière juste », estime un notable local interrogé par téléphone.
Les récents incidents survenus lundi ont ravivé la méfiance entre les habitants. Un jeune homme a perdu la vie dans la rivière Tshipumbu, et plusieurs personnes sont toujours portées disparues. Si les autorités locales ont déployé des forces de sécurité pour contenir les affrontements, les populations, elles, redoutent une nouvelle flambée de violence.
Des observateurs estiment que ces tensions traduisent un problème structurel de gouvernance foncière dans la région. L’absence de cadastre rural, la multiplication des chefs coutumiers non reconnus et la pression démographique sur les terres cultivables créent un climat propice aux affrontements récurrents.
Face à cette situation, les acteurs de la société civile plaident pour la mise en place de mécanismes permanents de médiation communautaire, afin de prévenir les crises et restaurer la confiance entre les différentes composantes locales.
« Tant que les questions de propriété coutumière ne seront pas clarifiées, les communautés continueront de s’affronter. Il faut des dialogues durables et un appui de l’État », soutient un représentant d’association locale.
Les événements de Nsumbula rappellent la nécessité d’un engagement politique et institutionnel fort pour instaurer une coexistence pacifique entre les groupements du Kasaï.
Isaka Kijana

