La pluie torrentielle qui s’est abattue sur Kinshasa le mardi 04 novembre a provoqué une vive réaction dans la classe politique. Parmi les voix qui se sont élevées pour dénoncer la gestion urbaine chaotique de la capitale figure celle de Me Dahlia Tshilanda, avocate, femme politique et coordinatrice du mouvement Action Nouvelle.
Sur son compte X (ex-Twitter), elle a exprimé son indignation face aux images d’inondations ayant paralysé la circulation jusque devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais.
« En face même du Parlement, sur le boulevard Triomphal, la nature nous rappelle l’évidence : ceux qui nous gouvernent semblent plus préoccupés par leurs privilèges que par le bien-être du peuple. Après chaque scène d’inondation et de chaos, aucun député ne s’indigne, aucune motion n’est adressée au gouvernement. Mais quand il s’agit des jeeps et des avantages personnels, là, les débats deviennent passionnés », a-t-elle fustigé.
Ainsi, ses propos traduisent le ras-le-bol d’une grande partie des Kinois qui, à chaque pluie, revivent le même cauchemar d’une ville où l’eau ne trouve plus de chemin. En effet, les pluies diluviennes de ce mardi ont plongé la capitale dans une paralysie totale, mettant à nu la fragilité d’un réseau routier déjà en piteux état.
Dans la commune de Ngaliema, notamment au quartier Champ des Tirs, les scènes surréalistes se sont multipliées : des jeunes, pantalons retroussés, se sont improvisés transporteurs, portant sur leur dos des passants bloqués par les eaux boueuses. Une image qui illustre à la fois la solidarité et la débrouillardise d’une population livrée à elle-même.
Sur le boulevard Triomphal, au cœur même du pouvoir politique, les véhicules sont restés immobilisés durant des heures entre le Palais du Peuple et le Stade des Martyrs, transformant ce lieu symbolique en un vaste bassin d’eau stagnante. L’eau, mêlée de détritus, a rendu la chaussée impraticable, accentuant la colère des usagers.
Plus au sud, un journaliste de Réveil Congo, se rendant à la conférence de presse de l’opposant Jean-Marc Kabund-A-Kabund, a lui aussi fait les frais de cette situation. Bloqué au niveau du TP, il a dû se résoudre à être transporté par des jeunes garçons, en contrepartie de 1 000 FC, pour atteindre l’autre rive.
Et ce n’est pas tout. À l’est de la ville, la route Mokali, reliant les quartiers Kakudji et Muli dans la commune de Kimbanseke, s’est transformée en un véritable marécage. « Notre route est dans un état de dégradation très avancé. Ni les véhicules ni les piétons ne peuvent passer facilement », déplore Clarisse Lema, cheffe du quartier Kabila.
AKAMUS

