La coordination territoriale de la société civile forces vives de Masisi, la Conscience féminine pour les droits et le développement (CFDD-RDC asbl) et l’ONG MWANAMKE ANAWEZA ont rendu publique, ce 31 janvier 2026 à Pinga, une déclaration conjointe faisant suite à la catastrophe naturelle survenue le mercredi 28 janvier 2026 dans la cité minière de Rubaya, en territoire de Masisi (Nord-Kivu). Selon ces organisations, un important glissement de terrain à caractère érosif s’est produit dans le périmètre d’exploitation minière n°4731, précisément sur le site de Luwowo/Kasasa.
Le drame aurait causé la mort d’environ 400 personnes, majoritairement des creuseurs artisanaux, et entraîné de lourds dégâts environnementaux. La catastrophe a également touché des commerçants présents sur les sites miniers ainsi que des usagers de plusieurs tronçons routiers du périmètre concerné. Si certains corps ont pu être retrouvés, plusieurs centaines de victimes demeurent portées disparues, ensevelies sous les décombres ou emportées par les eaux des rivières Mumba, Osso et Rushoga.
Le bouleversement du cours de ces rivières a provoqué des inondations ayant affecté la cité voisine de Bihambwe, où femmes et enfants figurent parmi les victimes directes. Dans leur déclaration, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient de pillage systématique des minerais et autres ressources naturelles de la région, imputé au Rwanda, en violation du code minier congolais et des normes internationales. Ils estiment que l’exploitation du périmètre 4731 se ferait sans étude d’impact social et environnemental préalable, comme l’exige la législation congolaise. Les organisations exigent l’ouverture d’enquêtes sérieuses et documentées afin que les pertes humaines et matérielles enregistrées soient prises en compte parmi les crimes internationaux commis en RDC.
Elles appellent également la communauté internationale à considérer les minerais exportés par le Rwanda comme des « minerais du sang » et à en interdire l’accès aux marchés internationaux, sous peine de complicité tacite. Enfin, la société civile de Masisi réclame l’arrêt immédiat de toute exploitation minière illicite dans les zones congolaises sous occupation, le rétablissement du cadre légal et la réparation intégrale des victimes.
Daniel Michombero

