En séjour à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constat Mutamba, a instruit, à travers le communiqué n°055, le procureur supérieur d’ouvrir des dossiers judiciaires. Cette enquête inclut Mme Astrid Tshibangu, accusée de spoliation de la maison abritant la division provinciale du genre, Famille et Enfants, les responsables du Bureau Central de Coordination (BCECO), soupçonnés de détournement de fonds alloués à la construction des routes à Kananga.
Cette initiative s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi, visant à instaurer la transparence dans la gestion des projets publics et des finances publiques.
Frustrés par la non-exécution de nombreux projets gouvernementaux, les habitants de Kananga, saluent cet acte du ministère de la justice.
Ils espèrent que cette démarche permettra de faire la lumière sur la gestion des fonds destinés au développement de leur ville.
Depuis le premier mandat du président Tshisekedi, la modernisation de la Ville de Kananga était envisagée à travers le projet Tshilejelu, attribué à l’entreprise chinoise Grec 7. Ce projet a échoué en raison d’un manque de financement, menant à une résiliation du contrat sous la pression de l’Assemblée provinciale et du gouvernement provincial.
Pour relancer les travaux, le BCECO a été désigné comme maître d’ouvrage délégué. L’entreprise Safrimex a été recrutée en 2022 pour exécuter un projet de réhabilitation de 42 kilomètres de voirie urbaine. Cependant, ce projet a connu des retards importants.
Malgré ces défis, Safrimex a assaini plus de 28 avenues dans quatre communes de Kananga et a commencé l’asphaltage de certaines voies, notamment l’avenue du Collège dans le quartier Plateau.
Le BCECO, en tant que service de l’État sous tutelle du ministère des Finances, est responsable du recrutement des entreprises exécutantes et du suivi des travaux. Les clauses contractuelles définissent les modalités de gestion des fonds.
Selon des sources proches de Safrimex, les problèmes majeurs ayant entravé le projet incluent : le retard dans le paiement des factures introduites par l’entreprise, la lenteur dans l’obtention et l’installation des équipements.
En octobre et novembre 2024, Safrimex a installé un concasseur à Kananga et obtenu les autorisations nécessaires pour poursuivre les travaux. Un nouveau contrat a été signé avec BCECO pour d’autres tronçons, confiés à l’entreprise TOHA Investissement.
Face à ces avancées, une question se pose : le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a-t-il été mal informé sur la gestion des fonds et l’état d’avancement des travaux ? Ce dossier judiciaire suscite de nombreuses interrogations. La vérité pourrait émerger après l’ouverture des enquêtes.
Affaire à suivre.
Stéphane Joël KANDE

