Une vingtaine de personnes ont péri dans un nouveau naufrage survenu près de Mukwija, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, dans la soirée du mardi 7 avril 2026. Un drame de plus, qui replonge la population locale dans une douloureuse impression de déjà-vu, sept ans après la catastrophe du 19 avril 2019 survenue presque au même endroit.
Ce jour-là, une pirogue motorisée en provenance du port de Kituku à Goma et à destination de Mukwija avait chaviré avec 49 personnes inscrites sur le manifeste d’embarcation. Une quarantaine de passagers avaient été engloutis par les eaux du lac Kivu, provoquant une onde de choc dans toute la province du Sud-Kivu.
L’émotion était telle que le président Félix Tshisekedi s’était personnellement rendu à Kalehe-centre pour compatir avec les familles endeuillées. Devant une population meurtrie, le chef de l’État avait alors promis l’achat d’un grand bateau moderne pour sécuriser le trafic lacustre sur ce tronçon dangereux.
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Sept ans plus tard, le constat est brutal : la promesse est restée lettre morte. Aucun bateau moderne, aucune amélioration notable de la sécurité, et aujourd’hui encore, des vies humaines fauchées dans des conditions similaires.
À Kalehe, la colère monte. Beaucoup s’interrogent ouvertement : combien de morts faudra-t-il encore pour que les promesses se transforment en actions concrètes ? D’autres vont plus loin, dénonçant une politique de compassion suivie d’oubli.
Car pendant que les discours s’enchaînent, les populations continuent d’embarquer dans des pirogues souvent surchargées, mal équipées et exposées aux caprices du lac Kivu. Le résultat est tragiquement prévisible.
Ce nouveau naufrage relance ainsi une question qui dérange : si le bateau promis en 2019 avait été réellement mis à la disposition de la population, ces vies auraient-elles pu être sauvées ?
À Kalehe, la population n’attend plus des promesses. Elle attend des actes. Avant que le lac Kivu n’ajoute encore d’autres noms à la longue liste des victimes oubliées.
Isaka Kijana

