Alors que la plupart des axes routiers du Sud-Kivu sont progressivement rouverts à la circulation, la route dite de Kimbili, reliant Bukavu à Kigulube jusqu’à Shabunda, demeure fermée, sans affrontements directs signalés au départ.
La semaine dernière pourtant, un espoir était né au sein de la population locale de Shabunda avec l’arrivée des premières motos à Isezya-Évari et à Kigulube, après plus de six mois d’interruption du trafic.
Cette reprise partielle avait suscité un soulagement parmi des habitants fortement affectés par l’isolement. Mais à la surprise générale, la coalition FARDC–Wazalendo a de nouveau suspendu la circulation.
Sud-Kivu : Nicolas Kyalangalilwa installé comme nouveau maire de Bukavu par l’administration AFC-M23
Selon des sources locales, cette décision est intervenue dans un contexte de tensions ayant conduit à des affrontements avec les combattants de l’AFC-M23 au niveau de Lubimbe.
Des motos et des camions transportant des marchandises ont été interceptés en cours de route, notamment aux niveaux de Nzibira , Tchulwe et Lubimbe. Ces engins ont été contraints de rebrousser chemin vers Bukavu, poussant certains commerçants à retirer leurs bagages.
Cette fermeture prolongée a de lourdes conséquences sur les conditions de vie de la population. À Shabunda, les habitants dénoncent une asphyxie économique caractérisée par une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité. L’absence de trafic, notamment des motos et camions sur cette route devenue la principale voie de ravitaillement, aggrave davantage la situation.
Depuis la fermeture des aéroports de Kavumu à Bukavu et de Goma, cette route constituait en effet l’unique alternative pour le transport des biens et des personnes.
Les prix atteignent désormais des niveaux alarmants : un simple sachet de sel se négocie à environ 15 000 francs congolais, tandis qu’une barre de savon coûte près de 20 000 francs congolais.
Face à cette situation, la population s’interroge sur sa représentation politique : « Sommes-nous réellement représentés à l’hémicycle ? Où sont nos leaders pour porter notre plaidoyer ? », s’indignent certains habitants.
Les habitants de Shabunda appellent à une solution urgente, rappelant qu’ils ne sont partie prenante à aucun des camps en conflit. Ils dénoncent une punition collective injuste, d’autant plus que dans d’autres zones affectées par des affrontements récents, la circulation reste libre.
Isaka Kijana

