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Provinces

Shabunda : Airtel et Vodacom abandonnent leurs antennes, la population livrée à elle-même

Depuis près d’une année, plusieurs villages du groupement de Bamuguba-Sud, en territoire de Shabunda, vivent sans signal des réseaux de télécommunications Airtel et Vodacom. Une situation qui plonge des milliers d’habitants dans un isolement quasi total et suscite une vive indignation au sein de la population locale.

Selon plusieurs sources concordantes, les propriétaires de ces réseaux auraient cessé de ravitailler leurs antennes en carburant, indispensable au fonctionnement des installations dans cette partie enclavée du Sud-Kivu. À Isezya-Évari et Kigulube, le litre de carburant se négocie actuellement à 15.000 francs congolais, soit environ 300.000 francs congolais pour un bidon de 20 litres, un coût jugé excessif par les opérateurs.

Face à cette déconnexion prolongée, les habitants affirment avoir tenté, à plusieurs reprises, de maintenir les antennes en activité grâce à leurs propres moyens. Des notables locaux, des enseignants ainsi que d’autres membres de la communauté auraient contribué financièrement à l’achat du carburant afin de permettre à la population de continuer à communiquer et d’effectuer certaines opérations financières via téléphone mobile, notamment le retrait des salaires.

« Pendant un certain temps, ce sont les habitants eux-mêmes qui alimentaient les antennes pendant que les sociétés concernées restaient silencieuses », confie un habitant de la région.

La population de Bamuguba-Sud, considérée comme l’une des entités les plus peuplées du territoire de Shabunda, dénonce ce qu’elle qualifie d’abandon injustifié. Les habitants rappellent qu’ils continuent pourtant d’acheter régulièrement des unités de communication et de consommer les services de ces opérateurs.

Plusieurs citoyens s’interrogent également sur les raisons de cette situation alors que, dans certaines zones voisines affectées par l’insécurité et les conflits armés, les réseaux téléphoniques demeurent opérationnels.

Actuellement, Bamuguba-Sud ainsi qu’une partie du groupement de Baliga dépendent essentiellement de connexions Wi-Fi privées pour accéder à Internet. Un service jugé inaccessible pour une grande partie de la population en raison de son coût élevé. Le prix d’un gigaoctet varie entre 5.000 et 7.000 francs congolais, avec une durée d’utilisation souvent inférieure à six heures.

Joint par notre rédaction, Nzila Mutuza Akrobo, habitant de Kigulube, estime que cette coupure prolongée vient aggraver des conditions de vie déjà difficiles dans cette partie du Sud-Kivu.

« La population souffre déjà de la guerre à l’Est de la RDC, de la hausse des prix des produits de première nécessité ainsi que du mauvais état de la route Bukavu-Kigulube-Shabunda. Aujourd’hui, l’absence de réseau complique davantage la vie des habitants », déplore-t-il.

Cet habitant appelle les responsables d’Airtel et Vodacom à reprendre rapidement le ravitaillement de leurs antennes afin de rétablir les communications dans la région. Il invite également les autorités compétentes à s’impliquer pour trouver une solution durable à cette crise qui affecte lourdement la population locale.

Isaka Kijana

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