Dix jours après la fermeture de la Route nationale n°5 (RN5) reliant Bukavu à Uvira, les conséquences humanitaires et économiques ne cessent de s’aggraver pour les populations locales.
Plusieurs commerçants en provenance d’Uvira, qui s’étaient rendus à Bukavu pour leurs activités, demeurent bloqués à Sange avec leurs marchandises, dans l’attente d’une éventuelle réouverture de cet axe stratégique. À l’inverse, des opérateurs économiques de Bukavu sont également contraints de prolonger leur séjour à Uvira.
Selon des sources locales, si les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les groupes Wazalendo avaient accordé, durant les premiers jours, une dérogation permettant notamment aux femmes de circuler, la situation s’est progressivement durcie. Du côté de l’AFC/M23, aucun passage n’aurait été autorisé jusqu’à présent.
La situation atteint un niveau critique, au point que même le transport des dépouilles mortelles est affecté. Plusieurs cas de refus de passage ont été signalés, contraignant certaines familles à modifier les lieux d’inhumation de leurs proches, notamment dans la plaine de la Ruzizi.
Sur le plan économique, plusieurs chauffeurs d’agences de transport, dont El Shadaï, Volcano, Eka et Okapi Original, se retrouvent à l’arrêt, incapables d’exercer leurs activités malgré la disponibilité de leurs véhicules. De nombreux voyageurs voient également leurs déplacements suspendus, perturbant fortement les échanges commerciaux entre les deux villes.
Faute d’accès direct via la RN5, certains usagers sont désormais contraints d’emprunter des itinéraires alternatifs passant par le Burundi, la Tanzanie et le Rwanda. Un trajet long et coûteux, dont le prix dépasse les 100 dollars américains, contre environ 10 dollars en temps normal.
Face à cette situation préoccupante, le mouvement citoyen MACHOZI YA RAIYA appelle les différentes parties impliquées à parvenir à un accord afin de rétablir la libre circulation des personnes et de leurs biens, tout en garantissant les mesures de contrôle nécessaires.
Isaka Kijana

