L’attaque d’un convoi d’agents de Médecins Sans Frontières (MSF), survenue le vendredi 1er mai dernier dans le territoire de Mwenga, suscite une vive indignation au sein de la société civile du Sud-Kivu, qui dénonce un acte grave compromettant l’accès à l’aide humanitaire.
D’après des informations recueillies auprès de sources locales, un convoi composé de véhicules et de motos transportant des agents humanitaires ainsi que des intrants médicaux a été intercepté par des hommes armés, présumés appartenir aux combattants Wazalendo. L’attaque s’est produite au niveau de l’ancien point chaud communément appelé Kalimoto, situé sur la RN2, à quelques kilomètres de Kalambi, dans la chefferie de Lwindi.
Au cours de cette embuscade, les agents de Médecins Sans Frontières ont été dépouillés de leurs biens personnels et de certains équipements. Ils ont également été soumis à des intimidations, tandis qu’un membre du personnel a été légèrement blessé. L’équipe a toutefois pu être sécurisée après l’incident.
Réagissant à cette situation, le président du Bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, Jean Samy Takimbula, a fermement condamné ce qu’il qualifie de « recul humanitaire », dans un contexte déjà marqué par l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Alors que nous plaidons pour l’ouverture de couloirs humanitaires afin de venir en aide aux populations vulnérables, de tels actes viennent compromettre ces efforts. Il est urgent de garantir la sécurité des acteurs humanitaires », a-t-il déclaré.
La société civile souligne également que l’attaque n’a pas épargné d’autres usagers de la route ni des civils présents sur les lieux, certains ayant également été victimes de pillages.
Face à cette recrudescence d’incidents, elle appelle les autorités congolaises à diligenter des enquêtes pour identifier les auteurs et les traduire en justice. Elle exhorte en outre les services de sécurité à renforcer leur présence sur les axes routiers stratégiques afin de prévenir de nouvelles attaques.
Par ailleurs, la société civile insiste sur le respect du caractère neutre et humanitaire des organisations telles que Médecins Sans Frontières, appelant toutes les parties impliquées dans le conflit à se conformer aux principes du droit international humanitaire.
Malgré ce contexte sécuritaire préoccupant, Médecins Sans Frontières a réaffirmé son engagement à poursuivre ses activités médicales au profit des populations affectées.
Pour la société civile du Sud-Kivu, la répétition de ce type d’attaques risque de compromettre gravement l’accès à l’aide humanitaire dans plusieurs zones déjà fragilisées par les violences armées.
Isaka Kijana

