Le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA a vivement dénoncé la nouvelle interdiction de circulation sur l’axe routier Bukavu–Uvira, décidée par les groupes Wazalendo opérant dans la plaine de la Ruzizi. Une mesure, une fois de plus justifiée par des impératifs de sécurité des civils, qui suscite une vive indignation au sein de la société civile.
Dans une déclaration rendue publique le week-end dernier, MACHOZI YA RAÏYA estime que cette décision constitue une répétition de stratégies jugées inefficaces, déjà appliquées entre février et décembre derniers.
Durant cette période, rappellent les militants, cet axe vital a été fermé à plusieurs reprises, entraînant de lourdes conséquences économiques et humanitaires, sans pour autant empêcher la chute de la ville d’Uvira.
« Uvira est tombée sans bataille décisive, malgré des mois d’asphyxie imposés aux populations civiles », déplore le mouvement citoyen.
Selon MACHOZI YA RAÏYA, la fermeture prolongée de cet axe stratégique n’a servi qu’à affaiblir les civils, paralyser les activités commerciales et étouffer l’économie locale, tandis que l’AFC/M23 poursuivait sa progression sur le terrain sans véritable résistance.
La société civile rappelle que la ville d’Uvira traverse déjà une situation socio-économique critique, aggravée notamment par :
la fermeture des frontières avec le Burundi, la Tanzanie et la Zambie ;
les perturbations des approvisionnements via le lac Tanganyika ;
les restrictions imposées depuis le territoire de Fizi.
La nouvelle interdiction de circulation dans la plaine de la Ruzizi vient ainsi renforcer ce que le mouvement qualifie d’« auto-asphyxie ».
Pour MACHOZI YA RAÏYA, il est difficile de comprendre en quoi une nouvelle fermeture pourrait produire des résultats différents, alors que les précédentes n’ont pas empêché l’effondrement sécuritaire d’Uvira.
Appel à une défense efficace
Face à cette situation, le mouvement citoyen rejette catégoriquement cette mesure et appelle les Wazalendo ainsi que leurs alliés à repenser leur stratégie sécuritaire. Il plaide pour une défense effective du territoire, fondée sur des actions cohérentes et concrètes, plutôt que sur des décisions qui pénalisent davantage des populations civiles déjà éprouvées.
Alors que les habitants de Bukavu, Uvira et de la plaine de la Ruzizi expriment leur inquiétude face aux impacts économiques et humanitaires de cette décision, une question demeure : jusqu’à quand les civils continueront-ils à payer le prix de stratégies sécuritaires jugées inefficaces ?
Isaka Kijana

