Une nouvelle flambée de violence a endeuillé le village de Kalulu, dans le groupement de Bugobe, en territoire de Kabare (Sud-Kivu), dans la nuit du samedi à ce dimanche 26 avril. Au total, quatre personnes ont perdu la vie lors d’une attaque armée suivie d’un acte de justice populaire.
Selon des témoignages recueillis auprès des habitants, des hommes armés non identifiés ont ciblé le domicile de M. Gwanywamulume Sengo aux environs de 23h. Sorti de force de sa maison, ce dernier a été abattu à bout portant, sans qu’aucune revendication ne soit formulée. Il est mort sur place.
Le drame a rapidement suscité une vive réaction au sein de la communauté. Alertés par les cris de la famille, des jeunes du village se sont lancés à la poursuite des présumés auteurs. À l’aube, trois individus ont été interceptés. Présentés comme Espoir, Basinya et Batumike, ils ont été violemment lynchés par la population.
Dans la zone, plusieurs sources évoquent un climat d’insécurité persistant, aggravé par l’insuffisance des forces de sécurité, surtout pendant la nuit. Cette situation favoriserait les incursions d’hommes armés opérant en toute impunité.
Face à cette recrudescence des attaques, les notables locaux, réunis au sein de la structure « NFAMUNGO Z’ENGOMBE Y’EBUGOBE », appellent à une réponse urgente des autorités. Ils demandent le déploiement effectif des forces de l’ordre pour sécuriser les habitants et prévenir d’autres drames.
Par ailleurs, ils invitent la population à renforcer les mécanismes d’alerte communautaire, notamment à travers les cellules « Nyumba kumi », tout en déconseillant fermement le recours à la justice populaire, jugée dangereuse et incontrôlable.
Ce nouvel épisode de violence survient quelques semaines seulement après des attaques similaires dans la même localité, marquées par des agressions à l’arme blanche et des cas de vol de bétail.
À Kalulu comme dans plusieurs villages du territoire de Kabare, l’insécurité continue de peser lourdement sur le quotidien des habitants, qui réclament des mesures concrètes pour leur protection.
Isaka Kijana

