À la rencontre du gardien sur le site victime du pillage par la coalition rebelle M23-RDF Dans la localité de Kabimba, au sud du Sud-Kivu, les stigmates d’un passage brutal sont encore visibles. À la carrière du groupe ECK, les bureaux saccagés, les conteneurs éventrés et les espaces vides où s’alignaient autrefois des fûts racontent une même histoire : celle d’un pillage méthodique attribué aux rebelles du M23, appuyés par des éléments RDF, selon des témoignages recueillis sur place.
Les faits se sont déroulés dans un contexte d’insécurité grandissante. « Ils sont entrés ici et ont tout emporté », confie un responsable local, la voix tremblante. Les assaillants ont emporté des quantités importantes de goudron, indispensable aux travaux routiers, compromettant ainsi des projets de développement attendus par la population.
Sur la totalité des stocks, près de 30 % auraient été pillés d’un côté du site, et 25 % sur une autre portion représentant la moitié de la réserve initiale. « Chaque fût était empilé. Aujourd’hui, regardez les vides », ajoute-t-il en montrant les alignements rompus. Au-delà du goudron, la razzia a touché l’ensemble des équipements : batteries de groupes électrogènes, bâches (près de quatre-vingts), ordinateurs, fûts de pétrole et de mazout. Le reste des hydrocarbures a été déversé, laissant derrière lui un désastre environnemental et matériel. « Ils ont tout pris : batteries, boulons, graisse… absolument tout », déplore un autre témoin.
La violence a aussi provoqué la fuite des travailleurs et des habitants des environs. « Quand ils pillaient, nous avons fui. Le dimanche, nous entendions des crépitements de balles et de fortes détonations », raconte un employé, encore marqué par la peur. Cette atmosphère de terreur a paralysé l’activité et renforcé le sentiment d’abandon. Pour les habitants d’Uvira et de Kabimba, l’espoir d’un développement local s’est effondré avec les stocks pillés. « Nos cœurs saignent. Nous pensions voir notre région avancer », confie un notable. Les dégâts sont lourds, les pertes difficiles à chiffrer, et la reconstruction incertaine tant que l’insécurité persiste.
Tiré du Compte X de Daniel Michombero

