La Journée internationale des droits de l’enfant a été célébrée avec faste en République démocratique du Congo, dans la salle de spectacles du Palais du Peuple. Cette édition a mis les enfants au cœur des festivités, mêlant échanges, apprentissage et surprises.
Après une série de discours des partenaires locaux et internationaux, qui ont rappelé l’importance de promouvoir les droits des enfants et de les impliquer dans les processus décisionnels, Léonnie Kandolo Omoni, ministre du Genre, Famille et Enfant, a pris le temps de dialoguer directement avec les enfants. Elle leur a prodigué des conseils précieux, les exhortant à accorder une priorité absolue à leurs études, qu’elle a décrites comme un pilier essentiel pour préparer leur avenir.
Dans une ambiance conviviale, la ministre a animé un quiz de culture générale, posant des questions telles que :
- Quel est le nom de la cheffe du gouvernement congolais ?
- Citez trois droits de l’enfant
- Quelles sont les significations de l’emblème de la RDC?
- Quel est le nom de tout premier ministre congolais ?
- Que symbolise l’étoile sur le drapeau de la RD Congo
Les élèves les plus brillants ont été récompensés par des tablettes, tandis que tous les participants présents dans la salle du Palais du Peuple ont reçu des casques.
L’événement s’est déroulé dans une atmosphère joyeuse, chaque enfant espérant répondre aux questions pour décrocher un cadeau des mains de la ministre. Cette initiative a non seulement diverti, mais également renforcé la sensibilisation sur les droits des enfants et l’importance de leur éducation.
Interpellation
Bien avant, Léonnie Kandolo a lancé un appel pressant à l’endroit de tous les acteurs de la société, en vue de respecter les droits des enfants, en général, et ceux de la République Démocratique du Congo, en particulier. Elle a saisi la balle au bond pour dénoncer l’agression rwandaise imposée à la RD Congo par le Rwanda et ses supplétifs du M23, dont les droits fondamentaux et cruciaux des enfants sont bafoués.
D’après la ministre Léonnie Kandolo, le thème retenu cette année est « Écoutons l’avenir, défendons le droit de nos enfants ». Elle a invité chacun à considérer que les enfants représentent le développement et la prospérité de la RDC :
« Ce thème est très interpellateur et nous invite à prendre la mesure de notre responsabilité en tant que parents, familles, gouvernements à l’endroit de nos enfants. Écouter l’avenir, écouter nos enfants, c’est prendre conscience que nos enfants représentent par-dessus tout le développement, la prospérité de notre pays. Écouter l’avenir, c’est intérioriser que notre lendemain ne peut se construire sans eux, mais plutôt avec eux et pour eux, et surtout par eux ».
À cet effet, a-t-elle poursuivi, il convient de leur offrir un environnement dans lequel se forgera une nation congolaise, citoyenne, inclusive et éprise de paix et d’amour.
« Cela passe par la protection des droits de l’enfant, mis à rude épreuve à travers le monde par les conflits armés, les guerres, les diverses formes de violences, de discrimination, de traite des enfants et leurs exploitations, pour ne citer que cela », souligne-t-elle.
Et d’ajouter : « C’est ici l’occasion de dénoncer la guerre qui nous est imposée par le Rwanda et ses supplétifs M23 et consorts, cause de nombreuses violations à l’encontre de nos enfants à l’Est de la République ».
Protéger les enfants contre la crise climatique
Le représentant de l’UNICEF, M. Francis NDEM, a fait savoir à l’assistance que l’UNICEF a lancé son rapport sur la situation de l’enfant dans le monde intitulé « La Situation des enfants dans le monde 2024 : L’avenir de l’enfance dans un monde en mutation ». Il a expliqué que « Ce rapport examine la manière dont trois grandes tendances observées à l’échelle mondiale, affecteront la vie des enfants d’ici 2050 et au-delà : les changements démographiques, la crise climatique et environnementale, ainsi que les technologies d’avant-garde, fournissent des indications clés sur les défis et les possibilités qui attendent les enfants dans le monde de demain ».
Et de poursuivre : « La crise climatique nous frappe déjà de plein fouet, l’année 2023 ayant été la plus chaude jamais enregistrée. Or, selon ce rapport, les aléas climatiques et environnementaux devraient s’intensifier partout dans le monde au cours de la période 2050-2059. Ainsi, huit fois plus d’enfants devraient être exposés à des vagues de chaleur extrêmes par rapport aux années 2000, trois fois plus à des inondations fluviales extrêmes, et près de deux fois plus à des feux incontrôlés extrêmes »
L’UNICEF craint que la situation se dégrade pour les enfants vivant dans la précarité. D’où, l’urgence de prendre des mesures environnementales ciblées afin de protéger les enfants et atténuer les risques auxquels ils font face.
« Les répercussions de ces aléas climatiques sur les enfants dépendront de plusieurs facteurs : l’âge des enfants touchés, leur santé, leur situation socioéconomique et leur accès aux ressources. Ainsi, les enfants ayant accès à un abri résistant aux changements climatiques, à des infrastructures de refroidissement, à des soins de santé, à une éducation et à de l’eau salubre seront plus susceptibles de survivre aux chocs climatiques que les autres. Le rapport souligne donc le besoin urgent de prendre des mesures environnementales ciblées pour protéger tous les enfants et atténuer les risques auxquels ils font face », a-t-il souligné.
Par conséquent, M. Francis NDEM, plaide en faveur de la participation des enfants dans les instances des prises de décisions en tant que contributeurs et co-créateurs : « Pour y arriver, il faudrait que nous mettions les enfants au cœur de ces interventions afin qu’ils participent en tant qu’acteurs de changement et non en tant que spectateurs. Il est donc capital, d’offrir aux enfants et aux jeunes des occasions concrètes de participer aux prises de décisions en tant que contributeurs, co-créateurs et défenseurs des programmes d’action en faveur des droits de l’enfant ».
AKAMUS



