Les habitants du quartier Delvaux, dans la commune de Ngaliema, tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. À peine la saison des pluies a-t-elle repris que l’érosion, longtemps redoutée, recommence à gagner du terrain, faisant planer un risque réel sur plusieurs habitations. Sur place, l’agacement est palpable, les travaux engagés pour maîtriser cette menace avancent à un rythme jugé « désespérément lent » par les riverains.
Depuis plusieurs mois, le chantier censé stabiliser les ravins et protéger les ménages progresse difficilement. Quelques engins sont visibles de temps en temps, mais les interventions restent sporadiques, loin de rassurer les familles qui vivent littéralement au bord du précipice.
« Chaque pluie nous fait trembler. Nous ne dormons plus tranquilles. Les travaux n’avancent pas, et nos maisons risquent de partir d’un jour à l’autre », déplore un père de famille rencontré près du site.
Les habitants disent ne plus comprendre les raisons de cette lenteur. Certains soupçonnent un manque de financement, d’autres évoquent un défaut de suivi. Ce qui est sûr, c’est que la population se sent abandonnée, alors que le danger lui, ne prend pas de pause. Les pluies de ces derniers jours ont déjà élargi plusieurs fissures et fragilisé davantage les berges du ravin.
Les comités locaux appellent les autorités provinciales et municipales à « prendre leurs responsabilités » et à accélérer le rythme des travaux avant qu’un drame ne survienne.
« On a annoncé des solutions, on a lancé un chantier. Mais sur terrain, le rythme ne correspond pas à l’urgence », regrette un responsable de la société civile.
À Delvaux, beaucoup estiment qu’il s’agit désormais d’une course contre la montre. Si rien n’est fait rapidement, la reprise des fortes pluies pourrait provoquer des dégâts irréversibles. En attendant, les familles continuent de vivre dans la peur, observant chaque jour un ravin qui s’élargit et des promesses qui tardent à se concrétiser.
Israël Mpoyi

