L’insécurité grandissante à Kinshasa a une nouvelle fois endeuillé une famille congolaise. Dans la nuit du mercredi au jeudi 8 janvier 2026, le professeur Mathieu Abatha Abiathar, enseignant à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), dans la faculté des Lettres, a été froidement assassiné à son domicile par des individus identifiés comme des policiers, selon les témoignages recueillis sur le lieu du deuil.
Le drame s’est produit sur l’avenue des Écuries, dans la commune de Lemba, non loin du campus universitaire. D’après les proches de la victime, six hommes armés ont fait irruption dans la parcelle familiale aux environs de 23 heures. Après avoir forcé la porte d’entrée, les assaillants ont envahi le grand salon et exigé des biens de valeur.
Sous la menace, la famille aurait remis une somme estimée à 7 000 dollars américains, ainsi qu’une chaînette en or. Malgré cela, l’un des assaillants a tiré à bout portant sur le professeur Mathieu Abatha Abiathar, qui a succombé sur place. Les criminels ont ensuite pris la fuite.
Selon plusieurs témoignages concordants, la majorité de ces criminels seraient des policiers affectés au sous-ciat de Balapa, installé à proximité de l’Université de Kinshasa. Les membres de la famille affirment que les assaillants connaissaient bien la maison et ses occupants, tout comme ces derniers reconnaissaient certains visages parmi les agresseurs.

« Faux constat »
Aux environs de 4 heures du matin, un premier groupe de policiers en uniforme s’est présenté sur les lieux pour procéder au constat d’usage. Vers 6 heures, un second groupe est revenu pour poursuivre les mêmes opérations.
C’est à ce moment-là que l’une des filles du professeur assassiné a formellement identifié, parmi les agents présents, le policier qui était présent lors de l’attaque nocturne. À ses cris, l’homme a immédiatement pris la fuite.
Alertés, les jeunes du quartier se sont mobilisés pour le poursuivre. Le policier a été rattrapé à quelques encablures de la parcelle et sauvagement lynché par la foule en colère, avant toute intervention des forces de l’ordre.
Ce drame, suivi d’un acte de justice populaire, met crûment en lumière la gravité de l’insécurité à Kinshasa, mais aussi les dérives présumées liées au recrutement et au contrôle des effectifs au sein de la Police nationale congolaise (PNC).
Lisez ci-dessous, comment l’un des criminels est revenu sur la scène du crime et a été démasqué.

