Mais derrière cette scène traditionnelle se cache une réalité de plus en plus préoccupante. Les habitants affirment que leurs prises diminuent d’année en année et accusent les grands chalutiers étrangers, notamment chinois, d’être à l’origine de cette baisse. Selon eux, ces navires industriels pénètrent régulièrement dans les zones côtières pourtant réservées à la pêche artisanale, en violation de la réglementation en vigueur.
Marie Pierre, une habitante du village occupée à ramasser des sardines échouées parmi les méduses, raconte que la présence de ces bâtiments est devenue quasi quotidienne. Elle estime que les contrôles sont insuffisants pour empêcher ces incursions illégales, qui mettent en péril l’activité des pêcheurs locaux.
Le pêcheur Musa Gassimo dénonce également des pratiques qu’il juge délibérées. D’après lui, les chalutiers coupent fréquemment les filets laissés en mer pendant la nuit. Chaque filet détruit représente une perte importante, son remplacement pouvant coûter jusqu’à 250 dollars, une somme considérable pour les familles vivant de la pêche artisanale. Au-delà des témoignages, les chiffres confirment l’ampleur du phénomène. L’Afrique de l’Ouest est aujourd’hui considérée comme la région la plus touchée au monde par la pêche illégale. Un rapport publié en 2024 estime qu’environ 40 % des captures non autorisées recensées à l’échelle mondiale proviennent de ses eaux.
Cette exploitation illégale aurait un coût économique estimé à près de 10 milliards de dollars pour les pays de la région. Les conséquences dépassent largement les pertes financières. La diminution des ressources halieutiques fragilise les économies locales, réduit les revenus des pêcheurs artisanaux et menace la sécurité alimentaire de millions de personnes qui dépendent du poisson comme principale source de protéines.
Malgré les alertes répétées des organisations internationales et des communautés côtières, les observateurs estiment que la situation ne s’est pas améliorée au cours des deux dernières années. Pour les pêcheurs de Sierra Leone comme pour ceux de nombreux pays voisins, la survie de leur activité dépend désormais d’un renforcement des contrôles et d’une lutte plus efficace contre la pêche illégale.


Bienvenue 2026 : les Congolais tournent la page d’une année 2025 douloureuse, marquée par des tueries, naufrages, criminalité et catastrophes naturelles