Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a validé, ce lundi 1er décembre 2025, au Salon Rouge de l’Immeuble intelligent, les chiffres clés et les besoins humanitaires pour l’année 2026.
Cette séance de haut niveau a été présidée par la Ministre d’État, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, en présence des membres du groupe de travail humanitaire, des organisations non gouvernementales ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Dès l’ouverture des travaux, la Ministre d’État a insisté sur la nécessité de disposer de données « justes et crédibles », dans un contexte marqué par une baisse continue des financements humanitaires. Elle a rappelé que la diminution des ressources exige une transparence totale et un plaidoyer renforcé afin de mobiliser les fonds indispensables pour l’année à venir.
Les partenaires ont présenté un tableau préoccupant de la situation humanitaire en RDC. En 2025, l’insécurité persistante, l’extension des zones de conflit et la fermeture de routes stratégiques ont accru les vulnérabilités. Le plan humanitaire n’a été financé qu’à hauteur de 20 %, entraînant la réduction des rations alimentaires, la suspension de traitements essentiels et la détérioration de plusieurs services vitaux. Selon l’analyse multisectorielle, 14,9 millions de personnes auront besoin d’assistance en 2026, avec une hausse notable de la malnutrition aiguë, de l’insécurité alimentaire et des risques sanitaires.
Au nom des bailleurs, Jürg Schneider a salué les efforts techniques fournis, tout en appelant à une contribution gouvernementale plus lisible, à l’utilisation effective de la Caisse nationale de solidarité et à la mise en place de mécanismes de transparence renforcée pour les ONG nationales.
Le CONAFOHD a, de son côté, exhorté à lever les barrières administratives et à garantir un accès humanitaire sécurisé, rappelant que « chaque retard administratif est un dollar qui ne sauve pas une vie ».
Le Gouvernement a officiellement entériné les chiffres consolidés suivants : 5,35 millions de déplacés internes, 4,09 millions de retournés, 14,9 millions de personnes dans le besoin — dont 7,3 millions ciblées — pour un financement requis de 1,4 milliard de dollars américains. La priorité sera accordée à 4,7 millions de personnes réparties dans 19 provinces présentant des besoins très élevés. Ces projections interviennent dans un contexte où l’année 2025 compte déjà 2,68 millions de nouveaux déplacés, 3 millions de retournés et un niveau de financement limité à 20 % des 2,54 milliards attendus.
En clôturant la séance, la Ministre d’État Ève Bazaiba a salué la résilience des équipes humanitaires œuvrant « dans des conditions extrêmement difficiles » et exprimé l’espoir d’un retour progressif des déplacés. Elle a notamment évoqué son récent passage dans la province de la Tshopo, où les familles aspirent à regagner leurs milieux de vie.
Elle a également souligné la fin officielle de l’épidémie d’Ebola ainsi que les progrès réalisés dans la lutte contre la variole du singe et le choléra, avant d’appeler à la réouverture urgente du couloir humanitaire, selon des mécanismes concertés et validés par le Gouvernement congolais, afin de garantir une réponse efficace en 2026.
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