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Société

Surendettement des policiers et militaires : le BIDH plaide pour une meilleure protection des salaires

Le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (BIDH) tire la sonnette d’alarme sur la situation financière de certains policiers et militaires confrontés au surendettement et aux conditions contraignantes de certains prêts informels.

Dans un plaidoyer rendu public ce jeudi 3 septembre 2026, le Manager national du BIDH, Patrick Opola Mupasa, appelle les autorités à renforcer les mécanismes de protection de la rémunération des agents de sécurité. Selon l’organisation, la stabilité financière de ces derniers constitue également un enjeu lié à leur dignité professionnelle et à l’efficacité de leur mission au service de la population.

S’appuyant sur son réseau d’Inspecteurs des Droits de l’Homme présent dans plus de 24 provinces de la République démocratique du Congo, le BIDH affirme avoir recueilli des informations faisant état de policiers et d’agents de sécurité recourant à des prêteurs informels pour répondre à leurs difficultés financières.

Certains agents auraient contracté plusieurs emprunts à la fois, parfois à des taux d’intérêt élevés. D’autres seraient confrontés à des modalités de remboursement qui absorberaient une part importante de leurs revenus mensuels.

Le BIDH rapporte également des cas où des agents auraient remis leur carte de paie ou d’autres moyens d’accès à leur rémunération comme garantie auprès de prêteurs. Une pratique qui, selon l’organisation, pourrait limiter considérablement leur capacité à disposer librement de leur salaire.

Un risque de vulnérabilité

Pour Patrick Opola Mupasa, l’endettement ne doit toutefois pas être automatiquement associé à des comportements répréhensibles. Le BIDH rappelle que les difficultés financières ne peuvent en aucun cas justifier les bavures, la corruption, les tracasseries ou les violations des droits humains.

L’organisation estime néanmoins qu’une précarité financière prolongée peut accroître la vulnérabilité de certains agents et les exposer à la recherche de revenus supplémentaires en dehors de leur rémunération légale.

La tracasserie, les perceptions indues, l’extorsion, la corruption ou encore les abus d’autorité figurent ainsi parmi les risques que le BIDH souhaite voir davantage pris en compte dans les politiques de prévention.

Des mesures proposées au Gouvernement

Pour faire face à cette situation, le BIDH recommande notamment un meilleur encadrement des retenues sur salaire et la protection effective de la rémunération des policiers et militaires.

L’organisation appelle également à lutter contre les pratiques informelles liées à la confiscation ou à la conservation des cartes de paie et propose la mise en place de programmes d’éducation financière destinés aux agents de sécurité.

Le BIDH préconise par ailleurs le développement de mécanismes de crédit institutionnels accessibles, transparents et assortis de conditions raisonnables. Un accompagnement juridique et social confidentiel pourrait également être proposé aux agents confrontés à un endettement excessif.

Pour le Manager national du BIDH, la question dépasse la simple gestion individuelle des dettes. Elle touche à la protection sociale, à la dignité des agents de sécurité et, plus largement, à la qualité du service public de sécurité. 

L’organisation plaide enfin pour une concertation réunissant les autorités publiques, la Police nationale congolaise, les forces de défense, les institutions financières, la société civile et les représentants des agents concernés, afin de rechercher des solutions durables au phénomène du surendettement.

Corinne Ontande

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