Image default
InternationalTribunes

40 ans au pouvoir : Museveni, le dictateur qui ne part jamais (Analyse d’Isaka Kijana)

Réélu pour un septième mandat de cinq ans, le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, s’apprête à totaliser quarante années à la tête de l’État. Une longévité politique exceptionnelle qui, loin d’être un signe de stabilité démocratique, est de plus en plus perçue comme l’expression d’une dictature institutionnalisée.

Depuis son arrivée au pouvoir par les armes, Museveni a progressivement verrouillé le système politique ougandais. Les révisions constitutionnelles successives — notamment la suppression de la limite d’âge présidentielle — ont permis au chef de l’État de se maintenir indéfiniment au pouvoir, au mépris de l’alternance démocratique réclamée par une large frange de la population.

Au fil des années, le régime s’est durci : répression de l’opposition, arrestations arbitraires, restrictions des libertés publiques, violences lors des processus électoraux et musellement de la presse sont régulièrement dénoncés par les organisations de défense des droits humains. Les élections, souvent contestées, se déroulent dans un climat de peur et d’intimidation, vidant le suffrage universel de sa substance.

Plus préoccupant encore, le pouvoir en Ouganda prend une dimension familiale. L’épouse du président, Janet Museveni, occupe un poste stratégique au sein du gouvernement, tandis que leur fils, Muhoozi Kainerugaba, est propulsé à la tête des forces armées, un poste clé dans un pays où l’armée joue un rôle central dans la survie du régime. Cette concentration du pouvoir entre les mains d’un même clan alimente les accusations de népotisme et de dérive monarchique de la République.

Pendant ce temps, la majorité des Ougandais continue de faire face à la pauvreté, au chômage des jeunes, à l’augmentation du coût de la vie et à l’absence de perspectives économiques durables. Les aspirations d’une jeunesse nombreuse et dynamique se heurtent à un système politique fermé, dominé par les mêmes visages depuis plusieurs décennies.

À quarante ans de règne, la question n’est donc plus celle de la légitimité électorale de Yoweri Museveni, mais celle de l’avenir démocratique de l’Ouganda. Un pays confisqué par un pouvoir personnel, où l’État semble de plus en plus confondu avec un homme et sa famille, au détriment des principes républicains, de la bonne gouvernance et de la volonté populaire.

Isaka Kijana

Articles similaires

UDPS: encore un tsunami au sein même du parti présidentiel!

Rédaction

Mère Suminwa, pas les mêmes visages !

Rédaction

On n’efface pas l’histoire : Kabalo, le Katanga et la mission prophétique de Kimbangu ! (Tribune)

Rédaction

Partenariat RDC–États-Unis : le choix courageux du Président Félix Antoine Tshisekedi qui enclenche le troisième cycle de développement national

Rédaction

Processus de Luanda : Judith Suminwa annonce le retrait prochain de 4000 soldats rwandais du sol congolais

Rédaction

Raid israélien au Qatar : Erdogan compare Netanyahu à Hitler ! 

Rédaction