Dans une correspondance datée du 28 mars 2026, Me Samy-Délice Tshitala, avocat et défenseur des droits humains, a adressé un réquisitoire sévère à la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU). L’homme de loi y fustige ce qu’il considère comme l’assassinat programmé du service public au sein des universités étatiques congolaises.
Une transition académique sous fond d’antivaleurs
L’avocat exprime son indignation face à la gestion de la transition entre l’ancien système (PADEM) et le LMD. Il soutient que l’imposition d’un délai de 37 jours pour les soutenances de DEA est totalement irréaliste et génère une ségrégation injuste entre les étudiants. Selon ses observations, cette précipitation ne fait qu’encourager la corruption, le trafic d’influence et le favoritisme au sein des secrétariats généraux où de nombreux dossiers seraient délibérément égarés.
L’aspect le plus accablant de sa tribune repose sur l’analyse des frais académiques. Me Samy démontre que les établissements publics sont devenus plus onéreux que certaines institutions privées de Kinshasa, comme les universités Don Akam ou Simon Kimbangu, alors même que l’État prend déjà en charge les salaires des professeurs du secteur public.
Il rapporte notamment que :
- De nouveaux frais d’analyse de dossier de 150$ ont été instaurés de manière injustifiée;
- Les coûts liés à l’école doctorale ont doublé, voire triplé, les frais de scolarité passant de 300$ à 700$, et ceux du jury de thèse grimpant à 1 200$.;
- La répartition des frais d’homologation des diplômes est opaque, affirmant que sur un paiement de 75$ à 200$, l’État ne perçoit que 25$, le reste étant capté par divers services administratifs.
Un appel à la cohérence avec la vision présidentielle
Me Samy estime que le maintien de tels frais, hérités d’une époque où les professeurs étaient « clochardisés », n’a plus de raison d’être aujourd’hui puisque leurs rémunérations ont été améliorées par le gouvernement.
Il rappelle que le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a manifesté la volonté d’étendre la gratuité à l’enseignement supérieur. En conséquence, l’avocat demande à la Ministre de tutelle de transformer ce vœu présidentiel en actes concrets.
Il conclut en insistant sur la nécessité de supprimer ou de réduire drastiquement ces barèmes financiers qui, selon lui, ne servent qu’à satisfaire les intérêts personnels d’individus au service de l’État, tout en excluant la majorité des citoyens congolais de l’accès au savoir scientifique.
Ci-dessous, prenez connaissance de sa lettre adressée au Chef de l’Etat, une copie réservée à la première ministre Judith Suminwa Tuluka :
COPIE DU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUELettre de Me Samy Délice Tshitala

