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Prof. Ngoma Binda « La peine de mort doit être appliquée aussi contre les voleurs des deniers publics » !

Dans une interview accordée à Aubin KANDEMBI pour le compte du Magazine d’informations Réveil Congo, du Journal Le Potentiel et de la chaîne de Télévision Gloire en Gloire (GGTV), le Professeur Ngoma Binda soutient la nécessité de la peine capitale pour certains crimes graves, à l’instar de la traitrise et du vol des deniers publics très importants par les gestionnaires des portefeuilles de l’Etat. Sur un ton direct, ce professeur de philosophie politique et sociale de l’Université de Kinshasa rejette les critiques occidentales sur les droits de l’homme en RDC et leur « hypocrisie » dans les affaires internes de la RDC. Toutefois, il met un accent particulier sur la quête systématique des preuves solides pour éviter les erreurs judiciaires, en insistant sur l’évolution des techniques d’enquête pour une justice plus juste et équitable. Si vous désirez suivre l’intégralité de l’interview, nous vous prions de visualiser le lien de la vidéo à la fin de l’interview. 

Aubin KANDEMBI (AK) : Que doit-on comprendre de la levée du moratoire sur la peine de mort et quel est votre point de vue quant à ce ?

Prof. Ngoma Binda (PNB) : Le moratoire signifie la suspension de l’exécution de quelque chose. Et la peine de mort avait été suspendue dans notre pays, l’exécution elle est là, dans les textes, notamment dans le code pénal militaire et d’autres mais on n’exécute pas. Même si on vous a condamné, on n’exécute pas. Ça, c’était le moratoire, depuis 2003. Maintenant, on a levé cette suspension de l’exécution de la peine de mort, la peine capitale. Personnellement, si je dois donner un avis sur cette question, totalement très controversée, je dois dire que dans certaines circonstances et pour certains crimes, il faut absolument la peine de mort. Ce n’est pas maintenant que je tiens cette position. C’est dans plusieurs de mes écrits que j’ai avancé cette position. Certaines circonstances, c’est-à-dire des circonstances où on considère que l’acte des crimes commis par l’inculpé est d’une gravité telle qu’il faut, pour pouvoir le sanctionner, il faut la sanction la plus forte possible. Et la loi dit par exemple que : vous êtes en guerre mais il y a des gens qui sont avec nous, qui coopèrent avec l’ennemi, qui travaillent avec l’ennemi, qui donnent les positions de votre armée, là c’est totalement inacceptable ! Pas pour moi, ça mérite la peine de mort. C’est la seule peine qui puisse effectivement faire en sorte que, tant soit peu, on dissuade les traîtres et des criminels. C’est une question controversée, qui implique les opinions et des juristes, en dernier lieu. Mais en amont, c’est des moralistes et des philosophes.

Aubin KANDEMBI : les opposants pointent du doigt le régime actuel du président Tshisekedi : ils estiment que cette mesure de la peine de mort pourrait être un règlement des comptes pour les empêcher à exprimer librement leurs opinions. Votre avis ?

PNB : Je ne crois pas que c’est un règlement de comptes, c’est une question essentiellement de la justice. S’il y a une espèce d’indépendance de la magistrature, une séparation des pouvoirs, tout s’en remet aux institutions judiciaires. Et là, je ne crois pas que cela serait une sorte de règlement de comptes. C’est bien, je peux être naïf, je peux me tromper mais je crois que ce n’est pas ça véritablement l’élément fondamental du refus de la peine de mort. Il ne faut pas politiser tout. Tout n’est doit pas être politisé. Quand quelqu’un a commis un crime, qu’il soit de l’opposition ou de la majorité, il doit être sanctionné. Il n’y a pas que ceux qui sont dans l’armée qui doivent être sanctionnés lorsqu’ils auront commis des crimes graves, de trahison ou carrément d’attentats sur leurs propres chefs au front. Là, il faut des sanctions. Nous avons quand-même une petite dose d’intelligence et de discernement pour pouvoir discerner si celui-là a réellement commis un crime qui mérite la proportionnalité des sanctions qu’il faut. Je ne crois pas que nous ayons été ramenés au point où on ne peut plus penser du tout. Non, il y a moyen de discerner, voir que si un tel a commis tel crime et cela est bien établi en dehors de tout doute raisonnable, alors il faut appliquer la peine proportionnelle qu’il faut et la peine proportionnelle pour les criminels avérés, je pense qu’il faut la peine de mort.
Et cette peine de mort doit également être appliquée à quiconque vole massivement l’argent du pays. Si vous volez autant, votre peine sera l’emprisonnement à vie et la confiscation de vos biens. La confiscation universelle et non générale. Je n’aime pas le mot général institué dans nos lois. Je parle de la peine de la confiscation universelle de vos biens. Quand vous avez volé des biens, on vient on prend tout ce qui est dans votre maison, y compris les chaussettes. Si nous voulons véritablement bâtir un pays qui progresse, fort, puissant et qui fasse le poids contre les ennemis extérieurs, nous devons d’abord être à l’intérieur un pays pur moralement et dur sur le plan de respect des lois et des valeurs.

AK : Il y a la question de l’opportunité de cette mesure et des erreurs judiciaires. Nous avons connu dans ce pays des gens condamnés à mort et des années plus tard, ils sortent de la prison innocentés. Cela ne peut-il pas influer sur les décisions de la justice ?

PNB : il y a effectivement l’opportunité à pouvoir lever la mesure du moratoire sur l’exécution de la peine de mort. C’est-à-dire, qu’il y a bel et bien des traîtres au niveau de notre armée. Quand on voit certaines vidéos qui nous parviennent, vraies ou fausses, il y a bel et bien des traitres. Un traître contre votre propre pays, contre l’action que vous voulez mener pour donner de la paix aux populations, aux citoyens, aux compatriotes qui souffrent énormément. S’il y a des traîtres qui prennent 50.000 $ 10. 000, 20.000$ ou qui vont vendre des minerais auprès de l’ennemi ou ailleurs, là c’est moralement inacceptable. Et simplement inacceptable.

Revenons dans la possibilité des d’erreurs judiciaires. Partout au monde il y a des erreurs judiciaires mais, qui sont de plus en plus diminuées grâce au perfectionnement des outils et des techniques d’enquête, d’établissement de la vérité. Il n’y a pas longtemps en Europe et aux États-Unis, il n’y avait pas de recours à l’ADN. Mais de plus en plus, on est en train d’évoluer et je dis : si vous voulez condamner quelqu’un à mort, soyez certains d’avoir fait recours à toute la technologie moderne et avoir la conviction évidente avec les preuves. Il faut établir effectivement les preuves les plus solides possible. On ne va pas condamner les gens à la légère parce que simplement, on a vu qu’il est passé par là et du coup, c’est lui le coupable. Non ! Il faut interroger, établir la vérité avec toutes les preuves nécessaires, tous les moyens nécessaires et les plus objectifs possibles, qui ne laissent pas de doute au-delà du raisonnable. C’est-ce qu’on demande. Il faut minimiser absolument les erreurs judiciaires car, on peut les trouver en Europe, aux États-Unis ou n’importe où.

AK : La levée du moratoire sur la peine de mort est-elle une avancée ou un recul de la démocratie ? Que pensez-vous de la position de l’Occident qui appelle le Gouvernement congolais à revoir cette mesure

PNB : C’est surtout cette idéologie des droits de l’homme qui est avancée. Essentiellement les occidentaux qui, coûte que coûte imposent leur manière de voir les choses et d’apprécier ainsi que les circonstances et les moments. Parce que, c’est leur idéologie. Ils n’hésitent pas à aller massacrer des gens. La guerre c’est la plus grande occasion de violation des droits de l’homme notamment, de la peine de mort, de la sacralité de la vie humaine. Quand vous allez exploiter les pays pauvres avec les matières premières en massacrant les populations, vous ne violez pas les droits de l’homme. Les plus grands hypocrites en matière de respect des droits de l’homme sont des occidentaux. Je le dis avec conviction et fermeté parce que, je ne suis pas d’accord avec eux. C’est toujours eux, vous verrez bientôt ils vont nous imposer encore les droits de l’homme et là, l’homosexualité de mariage pour tous etc. Tout cela, parce qu’ils ont la parole dominante. Ils ont les finances et qu’ils volent encore au tiers monde. Avec ça, ils viennent financer les organisations des droits de l’homme. Il n’y a pas d’avancées des droits de l’homme chez eux tant qu’il y a cette propension à la guerre, au vol, à l’exploitation, à la colonisation des autres peuples.
S’ils veulent qu’il n’y ait pas violation de droits de l’homme ici, qu’ils commencent par eux-mêmes, en supprimant carrément le droit qu’ils se donnent de la guerre ; d’agresser les autres ; de massacrer des millions de vies. On parle de plus de 12 millions de morts en RDC. Qu’est-ce qu’ils font pour empêcher cette peine de mort qu’ils infligent à des innocents ? Si le Dieu de la justice existe, il doit commencer par faire taire tous ces pays occidentaux qui viennent donner des leçons à n’importe qui. C’est eux les premiers violateurs ou même les violeurs des droits de l’homme dans ce monde. Ils doivent cesser d’être hypocrites.

Propos recueillis par Aubin KANDEMBI

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