Après avoir passé une année à son poste Le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, a présenté sa démission au président Félix Tshisekedi. Ce départ intervient après l’autorisation par l’Assemblée nationale de poursuites judiciaires à son encontre, accusé de détournement de fonds liés à un projet de prison.
Le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba Tungunga, a pris la décision de quitter ses fonctions au sein du gouvernement congolais. Sa démission a été présentée ce mardi 17 juin 2025 au président de la République, Félix Tshisekedi, qui l’a rapidement approuvée, selon des sources proches du dossier.
Ce départ survient dans un climat de forte pression politique et judiciaire. Il intervient notamment 48 heures seulement après que l’Assemblée nationale a autorisé l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre. Monsieur Mutamba est en effet accusé de détournement de fonds alloués à un projet de construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Ironie du sort, c’est ce même Constant Mutamba qui s’était illustré ces dernières semaines par son implication directe dans le dossier judiciaire visant l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila. Il avait notamment soutenu le réquisitoire de l’auditeur général des FARDC, une action qui avait abouti à la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président.
La décision de Mutamba de démissionner intervient après une série de controverses judiciaires et politiques. Nommé en mai 2024, il est visé par une enquête pour détournement de fonds dans le cadre d’un marché public de 29 millions de dollars, dont 19 millions auraient été décaissés en violation des règles de passation des marchés. Cet argent proviendrait du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (Frivao), un fonds placé sous la tutelle du ministère de la Justice qu’il dirigeait.
Le 15 juin, l’Assemblée nationale a levé son immunité parlementaire à la suite d’un réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation. En plus des accusations de détournement, Constant Mutamba est également poursuivi pour outrage aux corps constitués, après avoir dénoncé ce qu’il qualifie de « complot politique » contre sa personne. Interdit de quitter Kinshasa et sous la menace d’un mandat d’arrêt, l’ancien ministre doit formaliser son retrait du gouvernement ce mercredi 18 juin, par le biais de correspondances officielles adressées à la Primature et à la Présidence de la République.
AKAMUS

