Le journaliste et défenseur des droits humains Isaka Kijana affirme faire face, depuis plusieurs jours, à une série de faits qu’il assimile à des actes d’intimidation et de menaces présumées. Cette situation intervient dans un contexte de tensions autour de la réhabilitation de la Route nationale numéro 2 (RN2), un dossier qui suscite une forte mobilisation citoyenne dans le territoire de Mwenga et à Kamituga.
Selon le journaliste, ces faits seraient intervenus après plusieurs de ses interventions consacrées à la situation socio-économique de la population locale, notamment à la dégradation avancée de la RN2 et aux controverses entourant les travaux de réhabilitation de cet axe routier stratégique.
Dans le cadre de ses activités professionnelles, Isaka Kijana a régulièrement abordé la question de la RN2, mettant en avant les difficultés rencontrées par les usagers et les conséquences de l’état de délabrement de cette infrastructure sur la circulation des personnes et des marchandises.
Ses analyses ont également porté sur les positions attribuées au député national Trésor Lutala Mutiki et au député provincial Nepangi José concernant les travaux de réhabilitation de la RN2.
Le journaliste affirme que certaines de ses prises de position auraient suscité des réactions qu’il considère aujourd’hui comme préoccupantes. Il dit avoir relevé plusieurs faits qu’il estime susceptibles de constituer des actes d’intimidation, sans toutefois établir publiquement, à ce stade, l’identité des personnes qui en seraient responsables.
La question de la réhabilitation de la RN2 fait depuis plusieurs semaines l’objet de nombreuses réactions dans le territoire de Mwenga et à Kamituga.
Dans une correspondance relayée le 5 août par Réveil Congo, plusieurs mouvements citoyens avaient affirmé que les travaux sur le tronçon Kalambi–Lwino avaient été interrompus à la suite d’un incident survenu le 31 juillet 2026 à Ngenga, dans la chefferie de Lwindi.
Selon ces organisations, des hommes en tenue militaire auraient ouvert le feu à balles réelles en direction de deux pelleteuses présentes sur le chantier. L’incident aurait entraîné l’arrêt des travaux.
Le 5 août, plusieurs structures citoyennes de Mwenga et de Kamituga avaient également saisi le gouverneur du Sud-Kivu pour réclamer la poursuite des travaux et le renforcement de la sécurité autour du chantier, notamment pour les travailleurs et les engins affectés à la réhabilitation de la route.
Une mobilisation citoyenne grandissante
La contestation autour de la situation de la RN2 s’est ensuite intensifiée.
Le 11 août, la société civile de Mwenga et de Kamituga avait annoncé une journée ville morte prévue le 13 août 2026. Cette mobilisation visait notamment à dénoncer ce qu’elle présentait comme un blocage de la réhabilitation de la RN2 et à réclamer l’accélération des travaux.
La société civile appelait également les autorités provinciales à garantir la sécurité des travailleurs et des équipements déployés sur le chantier.
Le 12 août, la Coordination des Jeunes du Lusu Lega Général avait annoncé son soutien à cette initiative. Son président intérimaire, Waba Jean-Claude, avait appelé à la reprise immédiate des travaux, soulignant les conséquences de la dégradation de la RN2 sur la circulation des personnes et des biens ainsi que sur les activités économiques locales.
Dans ce contexte, l’alerte lancée par Isaka Kijana soulève également la question de la sécurité des professionnels des médias qui couvrent des dossiers sensibles d’intérêt public.
Le journaliste appelle les autorités compétentes, les organisations de défense des droits humains ainsi que les structures professionnelles des médias à suivre sa situation et à veiller à ce que son intégrité physique et sa liberté d’exercer son métier soient garanties.
La situation intervient alors que la réhabilitation de la RN2 demeure une revendication majeure de la population de Mwenga et de Kamituga, pour qui cet axe constitue une infrastructure essentielle à la mobilité, au commerce et au développement économique local.
Merveille Kabongo

