Après que l’Assemblée nationale a autorisé la Cour de cassation à ouvrir une instruction judiciaire sur l’affaire de surfacturations présumées des lampadaires et des stations de collecte, traitement et distribution d’eau impliquant notamment l’ex ministre des Finances (aujourd’hui député national), Nicolas Kazadi Kadima Nzuji, ce dernier se dit serein et ne trouve aucun inconvénient que l’instruction se poursuive au niveau du Parquet général près la Cour de cassation.
Pressé de laver son honneur et ne se reprochant strictement de rien, et redoutant que la mise en place du bureau définitif ne puisse que retarder le « rétablissement de la vérité » selon ses propres mots, Nicolas Kazadi promet qu’il a volontairement renoncer à ses droits de ne pas être auditionné et se présenter volontairement chez le PGR depuis mi-mai. Plusieurs séances seront ainsi organisées, séances au cours desquelles Nicolas Kazadi va apporter des réponses aux questions des enquêteurs ainsi que des faits aux bruits répandus dans l’opinion, lui imputant des faits dont il n’est pas l’auteur.
C’est donc un Nicolas Kazadi confiant de l’issue à donner à ce dossier (un non-lieu), qui s’est présenté devant la commission mise en place par l’Assemblée nationale et expliqué le caractère volontaire de ses auditions reprochées au PGR, tout en demandant à ses pairs d’autoriser le parquet près la Cour de Cassation de poursuivre sa démarche, étant donné que jusque-là, aucune faute pénale n’a été relevée contre le député Nicolas Kazadi qui a toujours clamé son innocence et dénoncé une machination politique contre sa personne.
À l’issue de cette audition, constatant qu’il n’y avait pas lieu de bloquer une instruction déjà entamée et à laquelle le concerné s’est volontairement rendu, la commission a autorisé que ce processus se poursuive et que dans les meilleurs délais, le PGR puisse transmettre ses conclusions à l’Assemblée nationale pour clore ce dossier et surtout qu’il lève immédiatement la mesure de restriction de la liberté de mouvement de Nicolas Kazadi, mesure qui viole le droit.
Il faut noter que le samedi 15 juin 2024, la commission chargée d’autoriser l’instruction du dossier sur les présumées surfacturations des lampadaires et des stations de collecte, traitement et distribution d’eau a auditionné le ministre des finances honoraire, Nicolas Kazadi ainsi que le procureur Mukonkole mandaté par le Procureur général près la Cour de Cassation, afin de recevoir les éléments reprochés à l’ancien ministre des Finances. Il était également question d’autoriser le cas échéant, l’instruction qui devra aboutir ou non à la levée de ses immunités parlementaires et à l’autorisation des poursuites si des éléments probants faisant état de détournements sont présentés à la plénière. Et contrairement à ce qui est diffusé depuis cet après-midi, nous en sommes bien loin.
D’entrée de jeu, la commission a relevé plusieurs irrégularités dans la démarche du PGR près la Cour Cassation, notamment la restriction de la liberté de mouvement de Nicolas Kazadi sans aucune base légale et le début de l’instruction du dossier avec audition de ce dernier sans attendre la réponse à sa demande du 27 avril dernier.
En effet, après avoir ouvert un dossier à charge contre Nicolas Kazadi, alors ministre des finances et élu député national dans la circonscription de Miabi ; François Rubota, ex ministre du développement rural et Guy Mikulu Pombo, prédécesseur de François Rubota (2019-2021), le Procureur général de la République près la Cour de Cassation avait fait une demande au bureau de l’Assemblée Nationale afin d’autoriser l’instruction de ce dossier et ainsi auditionner Nicolas Kazadi, préalable requis pour tout élu national, sauf en cas de flagrance.
Étant donné qu’il s’agissait alors d’un bureau provisoire, il fallait attendre l’installation du bureau définitif que va par la suite diriger Vital Kamerhe après avoir battu Christophe Mboso, son prédécesseur, aux primaires organisés par l’Union Sacrée, coalition au pouvoir créée par Félix Tshisekedi, réélu en décembre 2023 pour un dernier mandat.
A ce stade, l’opinion reste donc suspendue à la suite que pourra donner le Parquet général près la Cour de cassation dans ce dossier qui défraie la chronique depuis plusieurs mois.
RDC avec Le Potentiel

