La Haute Cour militaire a frappé un grand coup en prononçant, ce mardi soir, la condamnation à mort de l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange.
Un verdict rendu par contumace, accompagné d’un mandat d’arrestation immédiat, qui ouvre une nouvelle page inédite de l’histoire politique congolaise.
Jamais auparavant, un ancien chef de l’État congolais n’avait été jugé ni condamné pour des faits aussi graves, entre autres, trahison, crimes de guerre, organisation d’un mouvement insurrectionnel, viols, meurtres et torture. Selon l’accusation, Joseph Kabila serait directement lié aux activités du groupe armé M23-AFC.
Le 22 août dernier, le ministère public avait requis la peine capitale et la saisie des biens de l’ex-président. La partie civile avait, quant à elle, porté le montant des dommages et intérêts réclamés à 30,6 milliards USD, contre 24 milliards initialement.
De son côté, Joseph Kabila avait dénoncé une « supercherie politique », accusant le régime en place d’avoir manipulé la justice pour l’écarter de la scène nationale. Dans une déclaration largement relayée par la presse, il contestait également la levée de ses immunités parlementaires, qu’il jugeait anticonstitutionnelle.
Cependant, cette décision judiciaire fait déjà réagir au-delà des frontières congolaises. Au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), des États influents comme le Zimbabwe et l’Afrique du Sud appellent à une médiation directe entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, redoutant un engrenage politique et sécuritaire dans un pays déjà fragilisé par les conflits à l’Est.
La condamnation de Joseph Kabila pose une question cruciale, notamment, quelle sera la réaction de ses partisans et de sa famille politique ? La mise en exécution du verdict pourrait provoquer des tensions internes, voire une instabilité aux répercussions régionales.
Pour l’heure, la RDC retient son souffle. Le pays s’apprête peut-être à vivre l’un des tournants les plus sensibles de son histoire récente.
La rédaction

