Dans un contexte de tension croissante dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la pression s’intensifie sur les rebelles de l’AFC/M23 pour qu’ils libèrent les zones qu’ils occupent. La communauté internationale multiplie les appels à la désescalade. Sur le terrain, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Bintou Keita, demande aux groupes armés encore actifs dans le Nord-Kivu de mettre fin aux combats sans délai.
Elle insiste sur l’urgence de restituer les territoires congolais sous occupation et rappelle que le M23 contrôle désormais plus de 80 % de Rutshuru. Bintou Keita exhorte aussi les rebelles à rejoindre le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, en retournant aux positions qu’ils occupaient avant novembre 2021.
Dans la foulée, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte une résolution claire qui condamne l’offensive du M23, soutenue militairement par la Force de défense rwandaise. À l’unanimité, les membres du Conseil exigent le retrait immédiat des rebelles de Goma, Bukavu et de toutes les zones occupées. Ils réclament également le démantèlement des administrations parallèles mises en place par les insurgés.
La résolution somme également le Rwanda de mettre un terme à son appui militaire au M23 et de retirer ses troupes du territoire congolais sans condition.
Le Conseil réaffirme son appui aux efforts déployés par l’Union africaine, la Communauté de l’Afrique de l’Est, la SADC et la MONUSCO. Il demande la réouverture immédiate de l’aéroport de Goma ainsi que le maintien de tous les points de passage transfrontaliers pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire.
Par ailleurs, il exige que cesse toute forme de soutien aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de menace grave pour la stabilité régionale. Le Conseil met en garde contre d’éventuelles sanctions ciblées envers ceux qui entretiennent le conflit.
Face à ces résolutions, la République Démocratique du Congo exprime sa satisfaction, tout en regrettant le temps perdu qui a permis l’aggravation de l’occupation armée. Kinshasa appelle à une mise en œuvre rapide des décisions adoptées. Le Rwanda, de son côté, estime que ses préoccupations sécuritaires ne sont pas prises en compte, et accuse la République Démocratique du Congo d’avoir fait alliance avec une milice génocidaire. Kigali réaffirme son attachement aux processus de paix de Luanda et de Nairobi.
Dans ce climat tendu, les efforts diplomatiques enregistrent un tournant : les délégations techniques de la République Démocratique du Congo et du Rwanda, réunies à Washington sous la médiation américaine, signent un accord préliminaire en vue de rétablir la paix. Soutenu par le Qatar, ce document doit être présenté aux ministres des Affaires étrangères, avant une signature officielle prévue le 27 juin 2025 par les chefs d’État.
L’accord inclut des engagements sur le respect de l’intégrité territoriale, l’arrêt des hostilités, le désarmement progressif des groupes armés, le retour des déplacés, et la relance de l’intégration économique régionale. Il prévoit aussi la création d’un mécanisme conjoint de sécurité basé sur un concept d’opérations validé en octobre 2024.
Les deux pays saluent l’appui des États-Unis et du Qatar dans cette avancée. Ils espèrent que le sommet présidentiel prévu à Washington scellera un tournant majeur vers la paix, la stabilité et la prospérité dans la région des Grands Lacs.

