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Revue de Presse

RDC : Kabila choisit la confrontation, la paix de Doha en péril et le silence de l’opposition interroge

L’actualité politique congolaise est dominée ce mercredi par la création du Front pour la Refondation de la Nation, annoncé sous la direction de l’ancien président Joseph Kabila. Cette nouvelle configuration politico-militaire suscite de vives réactions dans les milieux politiques et médiatiques, notamment sur ses conséquences pour la sécurité nationale et l’avenir des négociations de paix de Doha. Plusieurs voix dénoncent une escalade de la confrontation avec le pouvoir de Félix Tshisekedi, tandis que d’autres appellent à privilégier le dialogue et la recherche d’un compromis. 

Au cœur du débat, le positionnement de l’opposition, particulièrement celui des figures de la coalition C64, dont le silence est relevé par plusieurs observateurs. Cette situation soulève également des interrogations sur la cohésion des initiatives politiques en faveur d’un dialogue inclusif et sur les limites entre contestation politique et recours à la force. Entre accusations, prises de position et appels à la mobilisation, la scène politique congolaise entre dans une nouvelle phase de tension, alors que la paix dans l’Est demeure un enjeu majeur. 

Voici l’essentiel à retenir dans cette revue de presse.

REVUE DE PRESSE DU MERCREDI 14 OCTOBRE 2026

Nous ouvrons cette revue de presse avec LE PHARE, qui qualifie Joseph Kabila d’« éternel rebelle ». Après avoir longtemps joué à cache-cache, l’ancien président aurait fini par ôter entièrement son masque. À dire vrai, estime le journal, les patriotes congolais ne seraient pas surpris de le voir sous son véritable visage : celui de l’éternel traître.

En se plaçant à la tête du Front pour la refondation de la nation, Joseph Kabila aurait franchi un seuil lourd de conséquences pour la RDC, estime ECONEWS. Derrière cette offensive contre Félix Tshisekedi se dessineraient les ambitions d’un ancien chef de l’État qui n’aurait jamais renoncé à reprendre les commandes du pays.

Pour CONGO NOUVEAU, Joseph Kabila détruit le processus de Doha. La fusion affichée entre l’ancien président congolais et l’AFC-M23 saperait les fondements mêmes du cadre de négociation. Kinshasa pourra-t-elle encore s’asseoir à la table des discussions de Doha ou de Genève avec quel mouvement ? s’interroge le journal, alors que l’avenir de ce processus devient incertain.

Un avis partagé par CHRONIK’ECO, qui affirme que cette recomposition, rassemblant plusieurs figures associées à l’AFC-M23, soulève des interrogations sur l’avenir des négociations de Doha et sur la capacité des acteurs concernés à respecter leurs engagements.

Pour Washington, écrit LA MANCHETTE, l’apparition officielle de Joseph Kabila à la tête de ce nouveau mouvement politico-militaire constituerait un scénario particulièrement préoccupant. L’administration américaine, qui tentait de maintenir un dialogue fragile dans la région, se retrouverait face à un homme qu’elle a elle-même sanctionné. Le journal évoque une possible riposte rapide et efficace des conseillers de la Maison-Blanche.

Le scénario désormais ouvertement défendu par l’ONU, l’Union africaine, Luanda et Doha, souligne AFRICANEWS, s’inspirerait de l’expérience de Sun City, en 2002. Il s’agirait notamment d’envisager un gel de la peine de mort, une suspension des poursuites, comme en 2013, et une table ronde avec des facilitateurs neutres acceptés par toutes les parties, y compris Joseph Kabila et l’opposition non armée de la C64, qui vient justement de saluer l’appel de James Swan.

Par ailleurs, affirme LE NOUVEL OBSERVATEUR, tous ceux qui participeront aux assises que certains Congolais considèrent comme une dernière chance pour refonder l’État devront mettre de l’eau dans leur vin. On ne peut négocier en exigeant de tout obtenir. Il est nécessaire de présenter des arguments solides pour défendre sa position, mais aussi de savoir écouter son adversaire afin de trouver un compromis, comme le recommandent les experts en négociation.

De son côté, LA RÉFÉRENCE PLUS estime que la décision de Joseph Kabila de lancer le Front pour la refondation de la nation ouvre une nouvelle séquence d’incertitude en RDC. Toutefois, selon des observateurs cités par le journal, elle ne signifie pas nécessairement que sa position politique a changé. Ce qui semble avoir évolué, en revanche, c’est le degré de confrontation entre l’ancien président et le pouvoir en place.

En se faisant désigner à la tête du Front pour la refondation de la nation, présenté comme un mouvement politico-militaire, Joseph Kabila choisirait la voie du suicide politique, estime LE POTENTIEL. Après avoir dirigé le pays pendant 18 longues années et incarné une certaine légitimité auprès de nombreux Congolais, l’ancien président risquerait de décevoir ceux qui croyaient encore en son action et en son leadership.

Pendant ce temps, Sama Lukonde déclare Joseph Kabila « ennemi du peuple congolais ». Selon LE QUOTIDIEN, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a invité l’ensemble des sénateurs à se ranger résolument derrière le chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Au nom de la reconquête d’une paix tangible, de la stabilité institutionnelle acquise au prix de longues luttes démocratiques et de la sécurité nationale, Noël Tshiani Muadiamvita, relayé par LA PROSPÉRITÉ, appelle tous les Congolais à se mobiliser comme un seul homme pour faire échec au Front pour la refondation de la nation.

De son côté, Olivier Katuala dénonce le silence qu’il juge troublant de l’opposition. Dans une prise de position particulièrement incisive, l’élu de Lukunga interpelle notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga. Il leur reproche de ne pas avoir condamné clairement la nouvelle orientation politico-militaire annoncée par Joseph Kabila, selon LA GAZETTE DU CONGO.

Ce qui devrait davantage alerter, ajoute INFOS27, c’est le silence qui a suivi chez ceux qui, d’ordinaire, ne manquent pas une occasion de se faire entendre. Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, figures centrales de la coalition C64, prennent habituellement position contre le régime, dénoncent la gouvernance, appellent à des marches, invoquent l’article 64 de la Constitution ou réclament un dialogue inclusif. Leur absence de réaction publique suscite ainsi des interrogations.

L’entrée officielle de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation place également la C64 devant une question politique incontournable, relève FORUM DES AS : comment continuer à réclamer un dialogue inclusif avec l’ancien président et les responsables de l’AFC-M23 sans clarifier sa position face à une organisation qui revendique désormais le recours à la force contre Kinshasa ?

Enfin, l’Alliance pour l’Alternance et le Progrès, dirigée par le professeur Théophile Mbemba Fundu, prend ses distances avec le mouvement « Sauvons la RDC ». Dans une déclaration politique parvenue à RDC-DIRECT.CD, le président national de l’AAP explique cette décision par son désaccord avec l’option militaire que le leadership de « Sauvons la RDC » aurait, selon lui, choisie pour défendre ses convictions.

Tapie Lutunu et Réveil Congo

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