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« Ce n’est pas une élection, c’est un couronnement » : Samia Suluhu au cœur de la tourmente

« Nous remercions les forces de sécurité d’avoir veillé à ce que la violence n’empêche pas le vote ». C’est par ces mots que la présidente Samia Suluhu Hassan a ouvert son discours de victoire, après avoir été proclamée réélue à la tête de la Tanzanie avec un score écrasant de 97,66 % des voix.

La dirigeante, première femme à accéder à la présidence du pays en 2021, a salué un scrutin qu’elle a qualifié de « libre et démocratique », tout en dénonçant les manifestants qui contestent le processus électoral, les accusant d’être « antipatriotiques ». Pourtant, derrière les chiffres triomphants et les cérémonies officielles, le climat reste lourd de tensions.

Depuis le scrutin de mercredi, plusieurs centaines de morts auraient été enregistrées dans des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. L’opposition, dont la plupart des leaders étaient emprisonnés ou disqualifiés avant le vote, parle d’une « parodie d’élection » et accuse le pouvoir d’avoir confisqué la démocratie.

Les observateurs internationaux expriment leur inquiétude face au manque de transparence du processus électoral, tandis que la coupure d’internet dans tout le pays empêche toute vérification indépendante des bilans humains.

Malgré les condamnations d’Amnesty International, de l’ONU et de plusieurs chancelleries occidentales, le gouvernement minimise l’ampleur des violences, évoquant seulement des « incidents isolés ». À Zanzibar, bastion historique du parti au pouvoir, le président sortant Hussein Mwinyi a également été reconduit avec près de 80 % des voix.

Pour beaucoup d’analystes, cette élection ressemble davantage à un couronnement qu’à une compétition. Le Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir depuis l’indépendance, renforce encore son emprise sur la vie politique du pays, tandis que les voix dissidentes se font de plus en plus rares.

En conclusion de son allocution, Samia Suluhu Hassan a exhorté ses concitoyens à « préserver la paix et l’unité ».

Mais dans les rues de Dar es Salaam, encore quadrillées par les forces de sécurité, la paix semble pour l’instant imposée par la peur plutôt que par le consensus.

La Rédaction

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