La Cour de cassation a tranché. Ce mercredi 26 novembre, le pourvoi de Nicolas Sarkozy a été rejeté, confirmant définitivement sa condamnation dans l’affaire Bygmalion. L’ancien président de la République, battu à la présidentielle de 2012, avait été condamné en appel à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme aménageable, pour financement illégal de campagne.
Il s’agit désormais de sa deuxième condamnation pénale définitive, après celle déjà inscrite à son casier judiciaire dans le dossier des écoutes, dit affaire Bismuth.
Trois des dix condamnés en appel avaient rejoint le pourvoi de l’ex-chef de l’État, notamment,
Guillaume Lambert, son directeur de campagne,
Éric Cesari, ex-cadre de l’UMP, Pierre Chassat, ancien responsable de communication.
Cependant, la Cour de cassation ne jugeant que la procédure, et non le fond de l’affaire, a confirmé l’arrêt du 14 février 2024 de la cour d’appel de Paris. Aucun autre recours n’est désormais possible en droit français.
À cet effet, les avocats de Nicolas Sarkozy ont annoncé qu’il « prenait acte » de cette issue. Ils disent examiner une éventuelle saisine de la Cour européenne des droits de l’homme.
L’affaire Bygmalion, trouve son origine dans un vaste système de fausses factures mis en place en 2012. L’objectif était de masqué le dépassement du plafond légal des dépenses de campagne.
L’agence de communication Bygmalion, fondée par des proches de la direction de l’UMP, avait reconnu dès mai 2014 avoir facturé indûment au parti politique des prestations qui auraient dû être imputées à la campagne de Nicolas Sarkozy.
Ce dernier, tout en reconnaissant l’existence du système, a toujours affirmé n’avoir jamais été informé du montage frauduleux.
Longtemps, l’affaire Bygmalion est passée au second plan, éclipsée par le dossier du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
Le 25 septembre 2025, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme, avec mandat de dépôt immédiat et exécution provisoire, pour association de malfaiteurs dans cette autre affaire explosive.
Il a passé un bref séjour à la prison de la Santé avant d’obtenir des aménagements. L’appel dans ce dossier, est prévu du 16 mars au 3 juin 2026.
La situation judiciaire de l’ancien président était déjà lourdement compromise. En décembre 2024, la Cour de cassation avait confirmé sa condamnation à un an d’emprisonnement ferme, sous bracelet électronique, dans l’affaire Bismuth, pour corruption et trafic d’influence.
Nicolas Sarkozy, avait porté ce bracelet entre février et mai 2025 avant d’obtenir une libération conditionnelle à mi-peine, en raison notamment de son âge (70 ans).
Avec cette nouvelle décision, Nicolas Sarkozy devient le premier ancien chef d’État français à cumuler deux condamnations pénales définitives, en attendant l’issue de ses autres procédures. Une situation inédite dans l’histoire judiciaire et politique de la Ve République.
Israël Mpoyi

