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Le cardinal Ambongo s’oppose à la béatification du roi Baudouin en raison de son passé colonial en RDC

Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a exprimé mardi au Vatican son opposition à une béatification précipitée de l’ancien roi des Belges, Baudouin Ier (1930-1993). Selon le prélat, « une tâche noire » entache l’histoire de ce dernier, en raison du rôle qu’il aurait joué dans l’assassinat du premier Premier ministre de la République Démocratique du Congo, Patrice Emery Lumumba. Ambongo a ainsi appelé la Congrégation pour les causes des saints à mener une enquête approfondie avant d’envisager de poursuivre ce processus de canonisation.

Cette intervention survient alors que le pape François, lors de son voyage en Belgique en septembre dernier, avait annoncé son intention de lancer le processus de béatification de Baudouin, louant notamment la foi du roi et son refus de ratifier une loi sur l’avortement en 1992. Cependant, Baudouin, qui a régné de 1951 à 1993, est également associé à l’histoire de la colonisation du Congo et à son indépendance en 1960. Son discours, lors de la cérémonie d’indépendance, avait été critiqué par des historiens pour son manque de compassion envers les atrocités commises durant la période coloniale belge.

En soutien au cardinal Ambongo, l’homme politique congolais Martin Fayulu a estimé qu’il est essentiel de clarifier la responsabilité de Baudouin dans l’assassinat de Lumumba avant d’envisager sa béatification. « L’Église catholique doit aussi réfléchir aux conséquences des actes de son ancêtre Léopold II sur notre pays », a-t-il ajouté, rappelant les cicatrices profondes laissées par la colonisation.

Le pape François, dans un message diffusé en septembre, avait déclaré : « Dès que je rentrerai à Rome, j’ouvrirai le procès en béatification du roi Baudouin : que son exemple d’homme de foi éclaire les gouvernants. »

La béatification, qui représente une étape majeure dans l’Église catholique, vise à reconnaître la foi et la vertu exemplaires d’une personne décédée, leur permettant ainsi d’être vénérés par les fidèles. Néanmoins, le débat soulevé par le cardinal Ambongo montre que cette reconnaissance pourrait être compromise si des zones d’ombre subsistent dans le passé du roi Baudouin.

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