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International

Les défis de Marco Rubio (Nouveau secrétaire d’Etat américain) dans la politique américaine pour la RDC (par Prof. Dr. Ngoie Joel Nshisso)

Quelle place pour l’Afrique dans la politique étrangère de l’administration Trump ?  Chaque nouvelle administration américaine revoit ses priorités diplomatiques en fonction des enjeux globaux. Si la présidence de Donald Trump a clairement défini ses axes stratégiques avec l’Europe, l’Amérique du Sud ou encore le monde arabe, l’Afrique reste encore en suspens. Quelle sera la vision de Washington pour le continent sous l’influence du nouveau Secrétaire d’État, Marco Rubio ?

Dans cette tribune, le Dr. Joel Nshisso analyse les orientations possibles de la diplomatie américaine sous Trump et les implications pour la RDC. Il décrypte la ligne dure de Rubio, forgée par son engagement anticommuniste et sa volonté de contrer l’influence chinoise et russe. Entre lutte contre le terrorisme, conditionnalités démocratiques et protection des intérêts économiques américains, la place de l’Afrique dans cette équation dépendra aussi des stratégies de lobbying des États africains.

Pour la RDC, le défi est double : défendre ses intérêts dans un contexte de compétition géopolitique et repositionner ses relations avec Washington à travers des accords stratégiques. Comment Kinshasa peut-elle influencer cette politique et maximiser les opportunités offertes ? Cette tribune propose des pistes de réflexion et d’action. 


Les défis de Marco Rubio (Nouveau secrétaire d’Etat américain) dans la politique américaine pour la RDC

Il est de coutume qu’a sa prise des fonctions, la nouvelle administration américaine aie en place sa politique étrangère avec chaque région du monde et des pays spécifiques. Si à ce jour, la politique étrangère du Président Trump avec l’Union Européenne, l’Amérique du Sud, le monde Arabe et certaines puissances économiques, mais ce n’est pas encore le cas pour l’Afrique.

Qu’est-ce que la politique étrangère américaine ?

La politique étrangère américaine désigne l’ensemble des stratégies, des décisions et des actions mises en œuvre par les États-Unis pour gérer leurs relations avec les autres pays, les organisations internationales et les acteurs non étatiques sur la scène mondiale. Elle est guidée par des objectifs économiques, politiques, militaires, environnementaux et culturels, qui évoluent selon les priorités des administrations successives.

La politique étrangère américaine est exercée par plusieurs acteurs dont le Président, le Département d’Etat, le Congrès et les Services de Renseignements (Services Secrets). Dans les coulisses de ces acteurs interagissent les compagnies multinationales de droit américain, le monde culturel et les philanthropies. Cependant le Secrétaire d’Etat est la face connue de cette politique.

Connaitre le nouveau Secrétaire d’Etat Marco Rubio

Ayant grandi à Miami parmi les exilés cubains qui ont fui la révolution de Fidel Castro, le sénateur Marco Rubio a développé une haine profonde du communisme. Désormais choisi par le président élu Donald Trump pour le poste de chef de la diplomatie américaine, il est prêt à utiliser cette même arme idéologique pour remodeler la politique américaine dans le pays qui arbore cette idéologie.

Il a été jusqu’à sa sélection, le républicain le plus haut placé au sein de la commission sénatoriale du renseignement et membre de longue date de la commission des relations étrangères, il a mis à profit ses connaissances et ses relations personnelles inégalées pour diriger la politique américaine dans la région pendant des années.

Mais la réputation de Rubio en tant que faucon de la sécurité nationale qui consiste d’une part à la mise en œuvre des mesures sévères sur l’immigration et la protection des entreprises nationales, et d’autre part d’une politique étrangère accès sur la lutte contre le terrorisme, la protection des intérêts américains à l’étranger et l’assurance sur les approvisionnements des minerais stratégiques.

Dans l’administration Trump la principale priorité de Marco Rubio sera de maintenir l’aide étroitement liée à la sécurité des États-Unis, notamment pour contrer l’influence de la Chine, de la Russie, la Corée du Nord, l’Iran, la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine, le blanchissement des capitaux et le trafic de la drogue.

Pour l’Afrique, la grande question qui se pose est celle de savoir si Marco Rubio restera fidèle aux conditionnalités relatives à la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits humains… comme préalable pour encourager les investissements américains en Afrique. La réponse à cette question dépend aussi de la manière dont chaque pays africain exerce son lobby auprès de l’administration Trump pour aligner les intérêts nationaux à ceux de la politique américaine durant les quatre prochaines années.

Que sera la politique africaine de Rubio

Même si elle n’est pas encore dévoilée, la lecture du « Project 2025, » un document secret rédigé par des Think-Tank des conservateurs radicaux, dans lequel beaucoup des fuites ont démontré que le Président Trump y a puisé les discours de sa campagne électorale, la politique africaine de Marco Rubio sera façonnée par la même idéologie et va éventuellement se concentrer sur plusieurs axes stratégiques dont les plus importants sont le renforcement des alliances stratégiques avec des partenaires clés​, la promotion de la diplomatie commerciale/économique, l’opposition aux influences adverses​ et la lutte contre les crises sécuritaires régionales.

Quelle pourrait être la politique de Rubio envers la RDC

La politique de Marco Rubio envers la RDC sous l’administration Trump, pourrait se concentrer sur des questions clés comme la sécurité régionale, la gouvernance et la concurrence avec l’influence chinoise dans l’exploitation des minerais stratégiques et la Russe sur son influence militaire qui vient de gagner du terrain dans le Sahel et dont la RDC a signalé parfois à demi-mots et parfois avec quelques gestes de rapprochement militaro-diplomatique.

Durant la période de transition gérée en accord entre l’administration Biden et l’entourage le plus proches du Président Trump, beaucoup des éditions de presse montrent que beaucoup des dirigeants ou pays Africains ont signes des contrats de représentation avec des grands lobbys pochent de l’administration, nommément le Soudan, le Liberia, le Kenya (l’homme d’affaires Jimi Wanjigi qui envie le fauteuil présidentiel Kenyan aux élections prochaines), la Somali, l’Algérie, le Congo Brazzaville, le Togo, le Nigeria, l’Angola, le Rwanda et l’Ouganda.

La RDC est également signalée dans certains milieux lobbyistes américains mais il s’agit des contrats avec des compagnies et des ministres en l’occurrence la Gécamines, les ministres de la communication et celui des mines. Ceci laisse à penser que les questions brulantes sur le conflit à l’Est, les accusations sur la violation des droits humains et de blanchissement des capitaux qui minent discrètement les relations entre les RDC et les Etats Unis, qui en revenge, bloquent les investissements américains ne sont pas présentées de la manière dont le gouvernement congolais les connait mais seront abordées selon le bon vouloir de la politique américaine.

Si le lobbying à Washington prend à tort la seule pensée qu’il aide à résoudre les différends ou à se faire aimer par les Etats Unis, il joue cependant un rôle très important moins utilisé par la RDC : faire connaitre et faire avancer son agenda dans les débats et les décisions de politique américaine à la Maison Blanche et au Congrès Américain. Sous cette optique la RDC a quelques leviers pour prendre l’initiative d’influencer ou de participer à la définition de la politique de l’Administration Trump sur le pays.

La RDC peut relancer le « Partenariat privilégié pour la paix et la prospérité » signé en avril 2019 et qui reflète un engagement conjoint reflétant la relation plus étroite entre les États-Unis et la RDC et une promesse publique de travailler ensemble dans des domaines d’intérêt mutuel, dont le renforcement des institutions démocratiques, l’amélioration du respect des droits humains, la fin de l’impunité, la promotion de la paix dans l’est de la RDC, ainsi que la capacité d’attirer le commerce et les investissements des États-Unis.

Cette relance peut tenir compte à la fois des efforts engages et des reculs connus par les effets de la guerre à l’Est pour proposer une nouvelle vision qui exprime le besoin de de renforcement des capacités, de la paix dans la région, de l’anéantissement des groupes rebelles, de l’utilisation des mécanismes internationaux pour la lutte contre le blanchissement des capitaux.

A travers ce partenariat, la RDC peut pro-activement demander l’administration Trump d’offrir un soutien ciblé, stratégique et durable dans les domaines de renforcer la Sécurité et la Stabilité (Soutien à la réforme du secteur de la sécurité (RSS), Lutte contre les groupes armés, Programme DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration), de soutien à la Bonne Gouvernance et la Transparence (Lutte contre la corruption, Soutien au système judiciaire, Mécanismes de suivi citoyen), de l’accélérer le Développement Économique et Commercial (Promotion des investissements privés, Renforcement des capacités dans le cadre des traites et programmes de commerce avec la RDC : l’AGOA et le BIT, Renforcement des capacités, Appui aux PME et Startups), du soutien aux Initiatives Sociales (Éducation et santé, Autonomisation des femmes et des jeunes), d’Appui à la Transition Écologique (Lutte contre le changement climatique, Technologie et innovation) et enfin de la coopération diplomatique et multilatérale (Mobilisation de partenaires, Plaidoyer au niveau multilatéral).

Que pays faire la RDC pour devenir pays partenaire de Trump

Pour que la RDC devienne un partenaire stratégique pour une administration Trump, elle pourrait capitaliser sur plusieurs atouts stratégiques et ajuster certaines priorités pour aligner ses intérêts avec ceux des États-Unis. Les domaines clés que la RDC peut exploiter sont les ressources stratégiques (cobalt et minerais critiques), la sécurité régionale et lutte contre le terrorisme, la diplomatie commerciale et économique et enfin les relations bilatérales renforcées. Les défis potentiels à ce partenariat sont la situation de la guerre à l’Est, les accusations de corruption et l’influence chinoise dominante

Prof. Dr. Ngoie Joel Nshisso

Management et Commerce International, PhD.

Diplomatie globale – Cerificat

Consultant AGOA

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