Roger Lumbala : l’heure du calvaire a sonné !
La Cour d’appel de Paris a confirmé, le mercredi 28 février 2024, la mise en accusation de l’ex-chef du groupe armé Rassemblement congolais pour la démocratie nationale (RCD-N) et ses alliés, Roger Lumbala , « pour complicité de crimes contre l’humanité ». Arrêté le 2 janvier 2021 en France dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en décembre 2016 par le pôle Crimes contre l’humanité du parquet de Paris, Lumbala est accusé de crimes incluant des meurtres, actes de torture, viols, pillages et réduction en esclavage, dont esclavage sexuel, commis en République démocratique du Congo entre 2002 et 2003.
« Cette décision est un pas de plus vers la justice pour les survivant·e·s d’atrocités de masse en RDC », a déclaré TRIAL International, qui œuvre en RDC depuis dix ans. Avec des bureaux locaux au Sud-Kivu et au Kasaï, l’organisation soutient les victimes de crimes internationaux, collabore avec les acteurs judiciaires congolais et participe à des procès locaux. Lumbala a commis ces atrocités lors de l’opération militaire « Effacer le tableau » menée dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri pour prendre le contrôle de zones riches en ressources naturelles. Dans ce cadre, Lumbala est accusé d’avoir donné des ordres de torture et d’avoir aidé ou assisté les troupes du RCD-N, notamment en fournissant le ravitaillement nécessaire. Il a par la suite été nommé ministre du Commerce en RDC, poste qu’il a occupé de 2003 à 2005. TRIAL International, la Clooney Foundation for Justice, le Minority Rights Group et l’ONG congolaise Justice Plus, constituées parties civiles, ont collaboré tout au long de l’enquête pour soutenir les communautés congolaises ainsi que les victimes et les survivant·e·s souhaitant partager leur histoire avec les autorités judiciaires françaises et réclamer justice et réparations pour les crimes subis.
Des réactions
En République démocratique du Congo, cette arrestation de Lumbala a été saluée par les acteurs sociaux. Le ministre des Droits humains, André Lite a déclaré ce qui suit: « on ne peut qu’en prendre acte tout en espérant que le tout se fasse conformément au droit international ».
Le ministre André Lite a précisé que Lumbala Roger a été mis en examen par la justice française dans le cadre de sa compétence universelle pour des crimes graves.
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) de France a annoncé que M. Lumbala est poursuivi « en qualité de dirigeant du groupe armé Rassemblement Congolais pour la Démocratie – National (RCD-N) ».
De leur côté, plusieurs organisations de défense de droit de l’homme ont salué cette mise en examen de l’ancien député national élu de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental). C’est notamment le Bureau Conjoint des Nations unies pour les Droits de l’Homme (BCNUDH) qui espère « d’autres actions contre d’autres auteurs présumés congolais ou étrangers vont suivre ».
Initiateur de la campagne nationale de sensibilisation et plaidoyer sur le rapport Mapping, le Consortium de la société civile pour la promotion de la justice transitionnelle en RDC (CSCJT), dit pour sa part avoir accueilli avec grande satisfaction la nouvelle de la mise en examen suivie de l’arrestation et la mise en détention provisoire de l’ex-chef rebelle du RCD-N, Roger Lumbala Tshitenge par le parquet anti-terroriste français, sur base du rapport mapping de l’ONU.
L’arrestation de Roger Lumbala depuis samedi 2 janvier 2021 est une première procédure ouverte dans le cadre du rapport Mapping de l’ONU, précise un communiqué du Parquet national antiterroriste (PNAT) de France. Ce communiqué précise par ailleurs que Roger Lumbala est poursuivi pour des faits qu’il aurait commis entre juillet 2002 et janvier 2003. Le rapport Mapping publié en octobre 2010 par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme répertorie plus de 600 crimes graves commis en RDC. Aucune des recommandations dudit rapport n’est appliquée dix ans après.
Rédaction

