Le procès du docteur David Balanganayi entre dans sa phase décisive au Tribunal de Grande Instance de Kinkole, où le verdict est désormais imminent. Poursuivi par le ministère public pour coups et blessures sur sa patiente Dorcas Moya, ce dossier suscite une vive émotion en République démocratique du Congo.
En cette troisième audience, l’atmosphère est particulièrement tendue. Les parties prennent place dans une salle déjà sous pression, alors que l’affaire est qualifiée par certains d’« affaire de torture médicale ». La présence de la victime marque fortement les esprits : Dorcas Moya apparaît sur une chaise roulante, le visage voilé, illustrant la gravité des faits dénoncés.
Face à ces accusations, le docteur Balanganayi bénéficie d’un soutien visible de la communauté médicale. Plusieurs médecins se mobilisent et assistent à l’audience pour défendre leur confrère. Ils affirment qu’il a respecté son serment et contestent toute idée de culpabilité. Certains déclarent même qu’« il n’y a pas de place en prison pour le Dr David », dénonçant une procédure qu’ils jugent injuste.
De son côté, le ministère public maintient ses accusations et soutient que les éléments du dossier justifient une condamnation. Ce face-à-face met en lumière une fracture profonde entre solidarité professionnelle et exigence de justice pour la victime.
Alors que le verdict est attendu d’un moment à l’autre, cette affaire dépasse le cadre judiciaire. Elle soulève des questions cruciales sur la responsabilité des médecins, la protection des patients et la confiance dans le système de santé congolais. La décision à venir pourrait faire date et redéfinir les limites de la pratique médicale en RDC.
Tigana Kanku

