Le Ministère public près le Tribunal de Grande instance de la Gombe poursuit le prévenu Stanis Bujakera, Directeur des publications adjoint à Actualite.cd et correspondant de Jeune Afrique et Reuters pour falsification des sceaux de l’Etat, propagation des faux bruits et transmission des messages erronés et contraires à la loi.
A l’audience, qui s’est tenue le vendredi 08 Mars à la prison centrale de Makala où le journaliste Stanis est détenu, ses avocats ont rappelé que le journaliste a le droit de cacher ses sources. Ils soutiennent aussi que leur client a droit d’avoir plusieurs résidences. Ils ont sollicité du tribunal d’accorder à leur client la liberté provisoire afin de lui permettre de suivre des soins médicaux appropriés.
« S’il est poursuivi, ce n’est pas parce qu’il aurait fait un acte. Mais c’est parce qu’il a caché la source. Et il est un droit pour un Journaliste de cacher sa source », a indiqué la partie prévenue Stanis Bujakera.
Maître Papy Niango estime, « Jusqu’à la clôture de débat, l’accusation a démontré des faiblesses pour produire une moindre preuve pouvant incriminer Stanis. Pas de preuve en matière pénale, ça amène au doute et le doute amène à l’acquittement du prévenu. Ce que nous souhaitons et attendons En clôturant l’instruction de six préventions en charge de Stanis Bujakera, nous avons eu à démontrer que la constitution de chacune de ces infractions était impossible pour qu’il soit condamné. Ainsi nous avons plaidé pour son acquittement ».
Par ailleurs, le ministère est resté ferme : « Vous allez le condamner à 20 ans de servitude pénale principale, notamment pour contrefaçon, faux en écriture, usage de faux, propagation de faux bruits ».
Voici l’extrait de l’argumentaire du ministère public : « Nous sommes partis des indices pour aboutir aux preuves. Nous ne sommes plus au niveau des indices. Je vais les répéter nous sommes au niveau des preuves. Nous parler d’une histoire des droits de réponses nous disons non. Nous ne sommes pas en matière des poursuites d’un journaliste mais nous sommes en train de poursuivre un fausseur. C’est ça le qualificatif approprié. On nous dit ici que le ministère public veut forcer une personne à citer la source. Non, nous, la source, c’est lui. Parce que s’il y avait une personne qui devrait être forcée à citer la source c’est Jeune Afrique. Parce que c’est Jeune Afrique qui avait publié l’article. Je comprends peut-être que, Monsieur Stanis Bujakera n’avait peut-être pas bien lu ses propres procès-verbaux. Mais c’est lui-même qui nous a dit qu’il n’a jamais publié un article. Nous, nous avons dit que nous sommes prêts à en découdre avec Mr Stanis même aujourd’hui. …Nous pouvons aller même au-delà, pour dire que le domicile de M. Stanis Bujakera se trouve à l’étranger. Parce qu’au départ c’est lui qui a déclaré, qui a donné l’adresse de Kinshasa, mais investigation faite, famille et enfants vivent aux Etats-Unis ».
Un nouvel expert nommé par le tribunal a remis son rapport à la cour dont le contenu a été révélé lors de l’audience de ce vendredi 8 mars 2023. Il contredit le rapport d’expert du parquet et affirme qu’il est difficile de remonter dans le temps et d’établir que Stanis Bujakera a été le premier émetteur d’une note de l’ANR qualifiée de fausse par les autorités et qui imputait la mort de l’ancien ministre Chérubin Okende aux renseignements militaires. C’est sur la base de cette occasion qu’il avait été arrêté le 8 septembre dernier, il y a six mois, jour pour jour.
M. Bujakera est accusé « d’avoir fabriqué et distribué » une note de l’Agence nationale de renseignement (ANR) incriminant les renseignements militaires dans la mort de Chérubin Okende, retrouvé mort dans sa voiture, le corps ensanglanté, le 13 juillet dernier. Le 29 février, le parquet a annoncé que « l’autopsie » et « les expertises » avaient établi que l’opposant s’était « suicidé » – loin de la thèse de l’assassinat avancée par son parti, qui s’était aussitôt indigné d’un « déni de justice ».

