Une nouvelle fracture politique apparaît au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A). Dans une déclaration rendue publique lundi 9 mars 2026 à Kinshasa, plusieurs sénateurs de ce regroupement politique ont annoncé qu’ils se désolidarisent de la récente position exprimée par leur autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo.
Selon les signataires du communiqué, les propos tenus par le deuxième vice-président du Sénat n’ont jamais été discutés ni validés au sein du groupe parlementaire. Les élus estiment qu’il s’agit d’une initiative personnelle qui n’engage pas la ligne politique de l’AFDC-A au Sénat. Dans leur déclaration, ils affirment clairement que cette prise de position relève d’un « cavalier seul » et invitent leur leader à assumer les conséquences politiques de ses propos.
Cette sortie publique intervient dans un contexte politique marqué par des débats de plus en plus vifs autour d’une éventuelle révision de la Constitution, sujet qui alimente les tensions entre différentes forces politiques. Certains acteurs y voient la possibilité d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, tandis que d’autres s’y opposent fermement.
Face à ces divergences, les sénateurs signataires ont tenu à réaffirmer leur attachement à la coalition de l’Union sacrée de la Nation et leur soutien au chef de l’État. Ils ont salué les initiatives du président Tshisekedi sur plusieurs plans, notamment les efforts diplomatiques récents, le renforcement des capacités des Forces armées de la RDC (FARDC) et les démarches internationales visant à défendre la souveraineté du pays dans le contexte sécuritaire tendu de l’Est.
Parmi les sénateurs ayant apposé leur signature figurent notamment Alphonse Ngoy Kasanji, Jean-Félix Siahoya Netuhola, Joseph Ngamulume et Richard Kimbulu. Leur prise de position marque une étape importante dans les tensions internes qui traversent actuellement l’AFDC-A.
Cette situation pourrait avoir des conséquences politiques notables au sein de la majorité présidentielle. L’isolement progressif de Modeste Bahati Lukwebo au sein de son propre camp pose désormais la question de son avenir politique et du rôle qu’il pourrait continuer à jouer dans la coalition au pouvoir.
Tigana Kanku

