Image default
Politique

Dialogue national à Kinshasa, sans Sauvons la RDC : le pouvoir et l’opposition divisés !

L’idée d’un dialogue national et inclusif, présentée comme une voie de sortie à la crise politique et sécuritaire persistante en République démocratique du Congo, continue de diviser profondément les acteurs politiques et sociopolitiques. Si tous reconnaissent la nécessité d’un cadre d’échanges entre Congolais, les désaccords portent sur le lieu, les conditions, les acteurs impliqués et la conduite même de ce processus.

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a réaffirmé sa position : le dialogue doit impérativement se tenir sur le sol congolais et être organisé par les institutions issues du suffrage universel, dans le strict respect de la Constitution. Il exclut catégoriquement de ce cadre les groupes rebelles ainsi que les personnes condamnées par la justice, tout en précisant que ce dialogue ne saurait remettre en cause les institutions nées des élections de décembre 2023.

Une position loin de faire l’unanimité. L’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, estime pour sa part que, pour des raisons de sécurité et de sérénité, le dialogue pourrait se tenir en dehors du pays. Cette proposition alimente les critiques du camp présidentiel, mais trouve un écho favorable dans une partie de l’opposition.

Ensemble pour la République, le parti de Moïse Katumbi, dénonce ce qu’il qualifie de « flagrantes contradictions » du Chef de l’État, s’interrogeant notamment sur son refus d’un dialogue politique hors de Kinshasa avec l’opposition, alors qu’il accepte des discussions à Doha avec l’AFC/M23. La formation politique exige des préalables clairs : la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la levée des condamnations à caractère politique et la fin des poursuites judiciaires jugées arbitraires. Elle rejette par ailleurs toute initiative qui exclurait la médiation morale de la CENCO et de l’ECC.

D’autres forces politiques affichent des positions contrastées. Le parti de Delly Sesanga rejette un dialogue « sous conditions », estimant qu’il ne répond ni aux exigences démocratiques ni aux attentes populaires. À l’inverse, le camp de Martin Fayulu adopte une posture plus souple, mettant l’accent sur les objectifs plutôt que sur le lieu ou l’initiateur du dialogue.

Dans ce contexte de méfiance généralisée, les confessions religieuses tentent d’imposer une feuille de route commune pour la paix et la cohésion nationale. Mais en l’absence de consensus minimal entre le pouvoir et l’opposition, le dialogue national reste, pour l’instant, une promesse suspendue aux profondes fractures politiques qui traversent le pays.

Articles similaires

Cour des Comptes : Salomon Tudieshe dénonce les abus et dérives de gestion de Jimmy Munganga, 1er président

Rédaction

Jean-Bosco Bahala : Entre « esprits malins » et faits, Kinshasa toujours infiltré !

Rédaction

MDCO: Gabriel Mokia présente les candidats aux prochaines élections législatives !

Rédaction

Kongo Central : Eliezer Ntambwe entame la mission d’itinérance pour l’identification et la récupération du patrimoine des Anciens combattants

GLMLuban

Professeur André Mbata répond au FCC : « Un régime d’hommes et de femmes qui devraient se taire pour l’éternité »

Rédaction

RDC-Rwanda : Donald Trump promet des représailles contre toute violation de l’accord de paix

Rédaction