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Politique

Dialogue national en RDC : le FICE fixe ses lignes rouges et désavoue les conditions de l’opposition

Au moment où le dialogue national inclusif, prévu en date du 15 Août, cristallise les tensions entre les différentes forces politiques en République démocratique du Congo, la diaspora congolaise prend à nouveau position et lance un avertissement solennel. Le Forum des Intellectuels Congolais de l’Étranger (FICE), présidé par le Professeur Joel Ngoie Nshisso, vient de publier une mise au point sans ambages, balisant sa vision du processus et réfutant les conditions agitées par certains acteurs de l’opposition.  

Dans un document rendu public, la FICE formule trois conditions fondamentales. La première est sans doute la plus tranchante : « Personne ne doit obtenir par le dialogue ce qu’il n’a pas obtenu démocratiquement par les urnes, ni ce qu’il cherche à obtenir par la force des armes ». Une prise de position qui, implicitement, recadre les prétentions des groupes armés — notamment l’AFC/M23 — dont certains réclament une place à la table des négociations.

La deuxième condition vise directement l’exigence, portée par une partie de l’opposition, d’organiser le dialogue à l’étranger sous médiation étrangère. La FICE y voit un piège historique, rappelant que les dialogues de Sun City avaient conduit à la mise à l’écart du patriarche Étienne Tshisekedi et engendré la fameuse présidence « 1+4 », perçue comme une porte d’entrée pour l’infiltration des institutions congolaises. « Ce serait répéter les mêmes erreurs », prévient le Professeur Ngoie Nshisso.

Troisième condition : tout dialogue devra intégrer un processus de vérité, réparation et réconciliation. Sans cette dimension, estime la FICE, toute négociation reviendrait à accorder une impunité que « même Jésus ne saurait accorder » aux auteurs des crimes commis à l’Est du pays.

Si la FICE tient un discours qui rejoint, sur plusieurs points, les positions défendues par le camp présidentiel, ses responsables insistent sur leur indépendance. L’organisation revendique une participation institutionnelle légitime de la diaspora, non pour des postes, mais pour une contribution à la réflexion collective.

Du côté de l’opposition, les exigences restent plurielles et souvent contradictoires : médiation internationale, tenue à l’étranger, agenda consensuel. Des conditions que le pouvoir juge, lui, dilatoires.

La FICE appelle dès lors les autorités congolaises à « peser de tout leur poids » face à ces demandes et à ne pas se laisser dicter l’agenda. Un soutien implicite à la démarche du Président Tshisekedi, formulé avec les habits du débat d’idées.

Le dialogue congolais se cherche encore. Mais les lignes, elles, se précisent.

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