Le discours prononcé par le président Félix Antoine Tshisekedi devant le Parlement réuni en congrès, ce lundi 8 décembre 2025, a relancé avec force un débat déjà incandescent sur son avenir politique au-delà de 2028. Alors que le pays traverse l’une des phases les plus critiques de la guerre d’agression à l’Est, un passage de son allocution a retenu l’attention de plus d’uns : « Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline de ce pays restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée. »
Cette déclaration, formulée dans un contexte de recrudescence des attaques de la coalition AFC/M23, soutenue, selon Kinshasa et les experts de l’ONU, par l’armée rwandaise, a immédiatement été interprétée par une partie de l’opinion comme une ouverture volontaire ou non vers l’hypothèse d’un maintien au pouvoir après la fin constitutionnelle de son second mandat.
Alors que Goma, Bukavu et de vastes zones du Nord et du Sud-Kivu sont sous pression ou passées aux mains des rebelles, le président Tshisekedi insisterait sur la continuité de la lutte contre l’agression, évoquant des exécutions de civils, des violences sexuelles massives et des déplacements forcés qui frappent des milliers de Congolais.
Cette insistance sur une « mission inachevée » intervient après plusieurs déclarations anciennes du chef de l’État affirmant qu’il ne recherche pas de troisième mandat, malgré sa volonté d’amender une Constitution qu’il juge piégée et partiellement attentatoire à la souveraineté nationale. Mais l’opposition et une partie de la société civile demeurent persuadées qu’une révision constitutionnelle pourrait servir de tremplin à une remise à zéro des mandats.
Entre impératif sécuritaire et enjeux politiques, la phrase du président ouvre un vaste débat national : Félix Tshisekedi pourrait-il, au nom de la défense du territoire, envisager de prolonger son mandat au-delà de 2028 ?

