Le salon bleu de l’immeuble du Gouvernement, situé dans la commune de la Gombe, a accueilli, Jeudi le 26 Septembre, près de 50 chefs coutumiers pour une première rencontre importante avec la Ministre d’État des Affaires Foncières, Acacia Bandubola Mbongo, accompagnée du vice-ministre des affaires coutumières, Muami Buende.
L’objectif de cette rencontre était d’établir un pont entre le ministère, chargé de la gestion des terres, et les gardiens de ces terres afin de réduire les conflits fonciers qui minent la cohésion sociale.
Dans son discours, la Ministre d’Etat, Acacia Bandubola, a rappelé l’importance cruciale de la législation foncière, citant l’article 53 de la loi foncière qui stipule que « le sol est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de l’État ». Elle a également mis en lumière l’article 10 de la Loi Nº 15/015 du 25 août 2015, qui définit les attributions spécifiques des chefs coutumiers, incluant la sauvegarde des valeurs traditionnelles, la protection des patrimoines culturels et la gestion des espaces fonciers des communautés locales.
Ell a été ferme dans ses propos : « Chers chefs coutumiers, vous êtes les gardiens des terres. Un gardien n’est pas propriétaire. Un gardien ne vend pas. Si les terres de la communauté ne sont pas protégées, d’ici 30 ou 50 ans, nous deviendrons des immigrés dans notre pays. »

La Ministre a également exhorté les chefs coutumiers à dénoncer toute bavure au sein de leurs juridictions, promettant des sanctions immédiates pour tout conservateur des titres immobiliers ou chef de division du cadastre complice de telles pratiques.
Son message a été renforcé par le vice-ministre Muami Buende, qui a affirmé qu’un acte de cession réalisé par un chef coutumier constitue une violation de la loi. Il a insisté sur la nécessité d’une autorisation hiérarchique pour toute initiative de ce type et a encouragé tous les chefs coutumiers à respecter scrupuleusement les lois en vigueur.
Sa Majesté Lembalemba a, quant à lui, témoigné de la situation au Kasaï, affirmant que les chefs coutumiers de cette région ne se livrent pas à la vente de terres, car « lorsque vous vendez des terres, vous vendez aussi le pouvoir ». Un autre chef coutumier, Teke – Humbu, a soulevé des préoccupations concernant des complicités au sein de l’administration foncière, dénonçant le non-paiement des droits de jouissance et le manque de vulgarisation de la Loi 15-015.
Aubin KANDEMBI

