Lors d’un entretien accordé à la radio-télévision allemande Deutsche Welle (DW), Martin Fayulu a rappelé qu’il demeure, selon lui, le président élu à l’issue des élections de 2018, un scrutin qu’il continue de qualifier d’injustement confisqué. Celui qui dirige le parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (Ecidé) affirme avoir obtenu 62,11 % des voix avant que « Kabila ne décide autrement ».
Malgré les blessures du passé, l’opposant dit avoir choisi le pardon : « J’ai pardonné à tout le monde, à Kabila comme à Félix Tshisekedi. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est le peuple et le combat pour la vérité des urnes. » Ce message, empreint de réconciliation, s’accompagne toutefois d’un appel à la justice électorale et au respect de la souveraineté du peuple congolais.
Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2028, Martin Fayulu reste prudent tout en se déclarant prêt : « Il faut poser la question au peuple congolais. Mais je suis prêt à diriger le pays. »
Dans le même entretien, Fayulu s’est adressé directement à l’Allemagne et à la communauté internationale. « Qu’attendez-vous de l’Allemagne qui a réduit le budget pour l’aide humanitaire et l’aide au développement ? Arrêter les aides à Kagame au Rwanda. Et que l’Allemagne dise à l’Amérique, à tous ceux qui gagnent l’argent derrière Kagame, parce que Kagame est en train de détruire le Congo. Non, on n’acceptera pas », a-t-il déclaré. Il a insisté sur le potentiel de la RDC : « Nous sommes 120 millions. Nous avons un vaste territoire, des ressources et des gens capables, intelligents. Nous pouvons collaborer avec n’importe quel pays du monde. »
Par ailleurs, le leader de l’Ecidé a condamné la suspension de douze partis politiques proches de Joseph Kabila, décidée par le gouvernement congolais, dénonçant une violation de la liberté d’expression et du principe de l’État de droit.
« Ce n’est pas au ministre de l’Intérieur de faire ce qu’il a fait », a-t-il martelé, estimant que la démocratie impose de « laisser les gens s’exprimer librement ».
À trois ans des élections de 2028, Martin Fayulu veut apparaître comme un homme apaisé mais déterminé, prônant le pardon sans renoncer à la vérité électorale et à la défense des valeurs démocratiques.
La Rédaction

