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Démission Sama Lukonde : Félix Tshisekedi reconduit les membres du gouvernement pour expédier les affaires courantes !  

Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, Premier-Ministre depuis la dissolution de la coalition FCC-CACH et suite aux consultations nationales de novembre 2020, a occupé la primature pendant près de trois ans et cinq jours. Après son élection réussie en tant que candidat Député National à la circonscription de Kasenga et la validation de son mandat à l’Assemblée Nationale le mardi 20 février à la Cité de l’Union Africaine, il a présenté sa démission au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Conformément à l’article 108 de la Constitution exigeant que les élus choisissent entre leur fonction actuelle et le mandat électif, Lukonde a pris cette décision.

Bien que le Président de la République ait pris acte de la démission, il a maintenu Lukonde et son équipe, surnommée les « Warriors », pour gérer les affaires courantes en attendant la nomination d’un nouveau Premier-Ministre et la formation d’un nouveau gouvernement.

« Cependant, tenant compte de la situation particulière que traverse le pays et en attendant la formation du nouveau Gouvernement, le Chef de l’État a demandé au Premier Ministre et aux membres du Gouvernement, chacun en regard de ses fonctions, d’assurer l’expédition des affaires courantes conformément à l’article 6 de l’Ordonnance n°22/002 du 07 janvier 2022 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités pratiques de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi qu’entre les membres du Gouvernement. », lit-on dans le document.

En effet, c’est dans un communiqué officiel émanant de Guylain Nyembo, Directeur de Cabinet du Chef  et lu à la Radiotélévision  Nationale Congolaise (RTNC),  après la démission du Premier ministre Sama que le Président de la République a autorisé les membres du gouvernement à expédier les affaires courantes. Celles-cicouvriront les affaires de gestion journalière dont le règlement n’implique pas de décisions quant à la ligne politique à suivre, les affaires en cours à propos desquelles la décision constitue l’aboutissement des procédures entamées antérieurement et les affaires urgentes pour lesquelles un retard dans le traitement serait générateur des dommages et de nuisances pour la nation ou contreviendrait aux engagements internationaux de l’État.

Dans le souci d’encadrer le fonctionnement harmonieux des pouvoirs publics et de préserver l’intérêt supérieur de la nation pendant cette période, le Président de la République, chef de l’État a instruit les mesures conservatoires ci-après à l’intention des membres du gouvernement, dirigeants des entreprises publiques et du portefeuille de l’État, dirigeants des services, établissements et organismes publics, secrétaires généraux et responsables des administrations publiques. Il s’agit de :

• La suspension jusqu’à nouvel ordre de recrutement, nomination, promotion et mouvement du personnel à tous les niveaux ;

• La suspension jusqu’à nouvel ordre des engagements, de liquidation et de paiement de toutes dépenses publiques autres que celles liées aux charges du personnel ;

• La suspension des missions des services à l’extérieur du pays pour tous les membres du gouvernement et les personnels de leurs cabinets sauf les déplacements liés à certains dossiers spécifiques dont les demandes d’autorisation seront examinées au cas par cas;

• L’interdiction de recourir aux opérations de cession, de transfert ou d’aliénation des actifs de l’État autres que celles déjà engagées.

Toutefois, précise ledit communiqué, des cas exceptionnels nécessitant une dérogation seront soumis à l’autorisation préalable du Président de la République, chef de l’État.

Quelques heures avant, certains membres de son équipe ont aussi déposé leurs démissions pour occuper leurs sièges à la chambre basse du Parlement.

Enjeux

Les enjeux au pays sont colossaux (crise humanitaire, la guerre à l’Est, les catastrophes naturelles, la dépréciation de la monnaie locale etc) ce qui revient à dire qu’il faut prier le Bon Dieu pour que l’informateur Augustin Kabuya qui a installé sa bastion à l’hôtel Hilton ne puisse pas rencontrer des épines pendant ses consultations dans le souci de permettre au Président de la République de nommer, dans un temps record, le nouveau Premier-Ministre.

Depuis plus d’un an, la crise humanitaire en RDC a pris des proportions alarmantes avec la résurgence des rebelles dans la partie Est du pays. De nouvelles flambées de violence dans cette partie du pays obligent les populations affectées à se déplacer. A présent, le plan de réponse humanitaire 2024 est évalué à  2,6 milliards USD.

« La situation est vraiment grave, ce qui fait que les chiffres du plan que nous avons lancé aujourd’hui sont le montant le plus élevé d’un plan humanitaire pour la RDC, jamais lancé 2,6 milliards USD. Il fait partie des 10 plus gros plans de réponses humanitaires au monde, il est le 8e en montant mais il est le plan le plus priorisé, on a fait le meilleur travail de priorisation, c’est-à-dire qu’on a vraiment ciblé les personnes les plus vulnérables qui sont au nombre de 8.7 millions », a déclaré Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire en RDC.

Il est à noter que la RDC entend actuellement 6.7 millions de personnes déplacées internes, dans un contexte où le pays fait face par ailleurs à de graves inondations et à une recrudescence d’épidémies de rougeole et de choléra, qui ont exacerbé la vulnérabilité des populations meurtries par plus de trois décennies de conflits armés.

Par ailleurs, le ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Modeste Mutinga, a appelé la Communauté internationale à s’imprégner de la situation humanitaire, laquelle se dégrade chaque jour à cause des agressions à répétition dont les populations congolaises sont victimes dans l’Est du pays. Il attire l’attention de la Communauté internationale sur la gravité de la crise humanitaire au pays.

« Pour le gouvernement, c’est aussi l’occasion de lancer un appel à la Communauté internationale qui, pour des raisons inavouées, semble ignorer la gravité de la crise humanitaire qui sévit en RDC, une crise qui a atteint les limites du soutenable avec plus de 10 millions de morts et 7 millions de déplacés internes. Sous d’autres cieux, la même communauté aurait avec promptitude qualifié ce carnage, cette barbarie de génocide. Cette indifférence est inacceptable », a-t-il indiqué.

L’autre enjeu majeur c’est l’éradication des groupes armés en RDC, notamment la paix dans l’Est, traquer et sanctionner les complices.

La Rédaction

 

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