Une cérémonie d’obsèques a été organisée ce jeudi au stade de l’Unité à Goma pour 22 civils présentés comme victimes de récents bombardements survenus dans le contexte du conflit armé qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon plusieurs sources locales concordantes, ces 22 corps ne constitueraient qu’une partie d’un nombre bien plus élevé de victimes civiles, estimé à plus d’une centaine. Les mêmes sources affirment que de nombreuses dépouilles seraient conservées dans différentes morgues de la ville, sans exposition publique, suscitant des interrogations sur la transparence entourant la gestion de ces victimes.
Des témoignages recueillis indiquent également que certains corps auraient séjourné dans les morgues pendant plusieurs jours, voire semaines, sans que les familles ne soient informées, une situation qui alimente la colère et l’incompréhension au sein de la population locale.
Par ailleurs, la cérémonie a été marquée par de vives accusations visant la rébellion du M23, soutenue par le RDF.
Des observateurs et acteurs de la société civile affirment que des femmes affiliées ou proches du mouvement auraient été mobilisées, voire rémunérées, pour manifester publiquement le deuil lors de cette cérémonie. Ces allégations, qui n’ont pas encore fait l’objet de confirmation indépendante, renforcent toutefois les soupçons de mise en scène et d’instrumentalisation de la souffrance des civils.
Alors que le conflit continue de provoquer des pertes humaines importantes, la situation humanitaire à Goma demeure préoccupante. Des organisations locales appellent à une identification transparente de toutes les victimes civiles, à l’information systématique des familles concernées et à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités et de prévenir de nouvelles violations du droit international humanitaire.

