De vives tensions ont éclaté ce vendredi matin dans la ville de Kamituga, située en territoire de Mwenga (Sud-Kivu). Très tôt, des habitants en colère sont descendus dans les rues pour réclamer le départ immédiat des éléments Wazalendo, accusés d’être à l’origine de plusieurs cas d’insécurité et d’abus dans la région.
Les manifestants, visiblement déterminés, scandaient des slogans hostiles à la présence de ces combattants. Leur colère a été ravivée par un incident tragique survenu la nuit précédente entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les Wazalendo, à la suite d’une dispute liée à une arme.
Selon plusieurs témoins, une incompréhension entre les deux groupes aurait dégénéré en échange de tirs, causant la mort d’un militaire des FARDC, atteint par balle. En signe de protestation, les habitants ont transporté le corps sans vie du soldat à travers les principales artères de la ville, exigeant justice et le retrait immédiat des Wazalendo de Kamituga.
« Nous ne voulons plus de ces hommes ici ! Ils nous terrorisent au lieu de nous protéger », a lancé un manifestant rencontré sur place, dénonçant les multiples exactions attribuées à ces miliciens.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités locales n’a été enregistrée. Toutefois, plusieurs voix s’élèvent pour appeler la population au calme et réclamer l’ouverture d’une enquête afin d’éclaircir les circonstances exactes de ce drame.
Les Wazalendo, ou « patriotes » en swahili, sont des combattants locaux censés appuyer les FARDC dans la lutte contre les groupes armés, notamment le M23, dans l’Est du pays. Mais à Kamituga, comme dans d’autres localités du Sud-Kivu, leur présence est de plus en plus contestée. La population leur reproche des tracasseries, des extorsions, et même des atteintes aux droits humains. Plusieurs organisations locales appellent, depuis des mois, à une meilleure régulation de leurs activités pour éviter de nouveaux dérapages.
Isaka Kijana

