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Tribunes

Activisme ou opportunisme ? Le paradoxe des ONG congolaises après Kabila (Tribune de Christian Bahati Fobac)

Dans une tribune au ton incisif, l’acteur politique Christian Bahati président national de la Fobac signe une réflexion sans concession sur l’état actuel de l’activisme des orientations de la société civile en République démocratique du Congo.

Intitulé « Activisme ou opportunisme ? », son texte, dont une copie est parvenue à Réveil Congo, interroge la mutation profonde des organisations de défense des droits de l’homme depuis la chute de Joseph Kabila, celui-là que la justice militaire congolaise avait condamné par contumace

Selon lui, l’activisme congolais, autrefois flamboyant et courageux, semble aujourd’hui en perte de vitesse. Jadis puissantes et visibles, ces structures, qui avaient fait trembler le pouvoir en dénonçant sans relâche les abus et violations, se sont, depuis 2018, enfermées dans un silence troublant. « Que s’est-il passé ? », questionne Christian Bahati Fobac, qui voit dans cette transformation le signe d’un activisme sélectif, parfois motivé par des affinités tribales ou politiques.

Il rappelle que sous le président honoraire Joseph Kabila, des figures comme Georges Kapiamba, Jean Claude Katende ou Civis Tshivuadi occupaient le devant de la scène, n’hésitant pas à défier le régime et à mobiliser la rue. Mais aujourd’hui, déplore-t-il, les voix se sont tues là où elles devraient crier.

Pour Christian Bahati, il est temps d’ouvrir les yeux. L’engagement civique doit se mesurer à sa constance, non à la couleur politique du pouvoir en place, prévient -il. Ci-dessous, lisez sa tribune.

Activisme ou opportunisme ? Le paradoxe des ONG congolaises après Kabila

L’activisme pour la défense des droits de l’homme en RDC a connu une baisse de régime depuis 2018. Les organisations devenues célèbres sous le régime Kabila (ACAJ, ASADHO, JED, LUCHA, FILIMBI, …) ont depuis, adopté un profil bas.

Sous Kabila, les animateurs de ces organisations ( Georges Kapiamba, Jean Claude Katende, Civis Tshivuadi,…) étaient très actifs tant dans les médias que dans les activités populaires, voire les activités politiques.

Par exemple, Jean Claude Katende de l’ASADHO a pris part au conclave de l’opposition organisé en décembre 2015 pour renverser Kabila.

Tenez, plusieurs cas illustrent les multiples violations des droits de l’homme depuis 2018. Qu’il s’agisse de multiples naufrages où des milliers de congolais ont péri, la taxe RAM, les centaines de prisionniers tués en pleine prison de Makala avec des prisonnières violées, le crime économique actuel avec la baisse cosmétique du $,…

Un instant, imaginez vous ce qu’aurait provoqué comme réactions une initiative comme celle du RAM sous Kabila ?

Imaginez un seul instant Goma et Bukavu faire une année sous contrôle d’un mouvement jugé rebelle pendant le régime de Kabila: les mêmes organisations diraient que c’est Kabila a vendu le pays à ses hommes.

Et il se passe quoi aujourd’hui ? Un patriotisme de façade a été inventé pour maquiller la faiblesse d’Etat. N’est-ce pas que les M23 contrôlent une partie du pays parce qu’ils y ont délogé les forces de sécurité qui s’y trouvaient ? Et qui est le responsable numéro un d’une défaite militaire d’une armée nationale si pas son commandant en chef, c’est à dire Félix Tshisekedi pour le cas actuel ?

Il parait donc évident que les congolais sont en face d’un activisme à deux vitesses, selon que le PR est originaire de tel ou tel autre coin du pays.

Il sera aussi vrai que ces structures servaient juste de 5e colonne contre Kabila en manipulant la population au profit d’une opposition tribale.

Bernée, une bonne partie de la population se laissait emporter par les activités cosmétiques et populistes de ces structures mettant en avant les besoins de la population alors que la réelle motivation était tribale et haineuse contre le pouvoir de Kabila.

Il est temps que les congolaises et congolais qui, par besoin de cohérence, gardent la haine inoculée par ces officines contre le régime de Kabila, de faire un saut quantique d’éveil et qu’ils comprennent qu’ils étaient manipulés.

Bahati Christian FOBAC

Christian Bahati Fobac : « Sauvons la RDC est plus qu’une plateforme, c’est une idéologie pour redresser le Congo »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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