Image default
PolitiqueTribunes

Révision ou changement de la Constitution en RDC : Gare aux flatteurs du président Félix Tshisekedi !

Depuis l’annonce du président Félix Tshisekedi à Kisangani, dans la province de la Tshopo, de son intention de réviser ou de changer la Constitution, les discours oscillent entre flatterie et sincérité.

En République démocratique du Congo, comme on le sait bien, le paysage politique est souvent marqué par l’opportunisme. Certains politiciens n’hésitent pas à afficher un soutien apparent à la vision présidentielle, tout en nourrissant des agendas cachés. D’autres, en revanche, militent véritablement pour l’avènement d’une nouvelle Constitution congolaise.

Les motivations de ces flatteries sont bien connues : obtenir des postes dans des portefeuilles ministériels ou des entreprises publiques. Ces assoiffés de pouvoir, motivés uniquement par des intérêts personnels, risquent d’être les premiers à créer des problèmes au Chef de l’État une fois leurs objectifs atteints. Ils pourraient, par une mauvaise gestion et des détournements, affaiblir les finances publiques tout en faisant porter la responsabilité de leurs échecs à Félix Tshisekedi.

Les conseillers du Président devraient examiner avec prudence les avis des partisans du changement ou de la révision de la Constitution. En parallèle, certains opposants politiques ont juré de barrer la route à ce projet, préférant affronter Félix Tshisekedi plutôt que de lui accorder leur soutien.

Les hypocrites au sein de l’Union Sacrée

Même au sein de l’Union sacrée, la méga-plateforme ayant soutenu la réélection du Président, des voix discordantes se font entendre, bien qu’à voix basse. Certains membres, mécontents de cette vision de changement constitutionnel, préfèrent exprimer leur désaccord dans l’ombre. Cependant, quelques rares figures, comme le député national Prince Willy Mishiki, osent dénoncer publiquement ce projet, qu’ils jugent « inopportun » en raison des défis sociaux et sécuritaires auxquels la population est confrontée.

Toujours pas de réunion à l’Union Sacrée

Les cofondateurs de l’Union sacrée attendent une réunion pour clarifier les zones d’ombre. Cette rencontre, qui pourrait précéder la mise en place de la commission pluridisciplinaire promise par le Chef de l’État, devrait permettre d’aplanir les divergences et d’harmoniser les points de vue.

Deux courants de pensée s’opposent actuellement. Le premier affirme que Félix Tshisekedi agit dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles en proposant la révision de la Constitution, sans avoir à consulter une plateforme comme l’Union sacrée. Le second soutient que cette plateforme, en tant que partenaire politique privilégié, doit être impliquée dans le processus pour garantir le succès du projet.

L’alliance en gestation dans l’opposition

Pendant ce temps, l’opposition continue de peaufiner ses stratégies. Martin Fayulu et Moïse Katumbi, figures majeures de l’opposition congolaise, se sont rencontrés ce samedi à Genval, en Belgique, pour un entretien d’une heure et demie. Cette rencontre, tenue dans la discrétion, s’inscrit dans les efforts visant à structurer une coalition contre le projet de révision constitutionnelle.

Genval, un lieu hautement symbolique pour l’opposition congolaise, avait déjà été en 2016 le cadre de la création d’une grande coalition menée par Étienne Tshisekedi contre le régime de Joseph Kabila. Selon un proche de Moïse Katumbi, ce tête-à-tête découle du rapprochement récent entre leurs partis politiques, initié par leurs secrétaires généraux.

En novembre dernier, les secrétaires généraux de l’ECIDE de Martin Fayulu, d’Ensemble de Moïse Katumbi et du PPRD de Joseph Kabila avaient signé une déclaration commune s’opposant fermement à toute tentative de modification de la Constitution. Cette initiative marquait une première étape vers une coordination plus étroite entre ces forces politiques, qui voient dans le projet une tentative de prolonger le mandat de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.

AKAMUS

Articles similaires

« La lutte contre la corruption nécessite une approche multifacette » Par Christopher Burke, Directeur Général, WMC Afrique

Rédaction

Elections en RDC : pour Jean Nzadi, cette fois-ci le peuple sera vigilant !

Rédaction

Jean-Bosco Bahala : Entre « esprits malins » et faits, Kinshasa toujours infiltré !

Rédaction

Emmanuel Ramazani Shadary hospitalisé, très souffrant : sa femme ne le voit que pendant 15 minutes, une fois par semaine

Rédaction

Dialogue national en RDC :  un proche de Moïse Katumbi appelle le régime à faire preuve de souplesse, à écouter sincèrement les opposants et à rechercher un terrain d’entente !

Rédaction

Mémorandum des gouverneurs à Félix Tshisekedi : crédits, rétrocessions et péréquation au cœur des revendications !

Rédaction