Sous haute surveillance, la Tanzanie vote ce 29 octobre. Pour la première fois, la présidente Samia Suluhu Hassan sollicite directement le suffrage des citoyens, quatre ans après avoir succédé à John Magufuli. Ce scrutin, censé confirmer sa légitimité, s’ouvre dans un climat tendu, marqué par la méfiance, la répression de l’opposition et les tensions persistantes à Zanzibar.
Un mandat à valider dans les urnes
Arrivée au pouvoir en 2021, à la suite du décès de John Magufuli, Samia Suluhu Hassan promet « stabilité, unité et continuité ». Son parti, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), au pouvoir depuis l’indépendance, reste largement favori. Mais derrière cette apparente sérénité, l’opposition dénonce un jeu verrouillé. Plusieurs figures critiques, comme Tundu Lissu du parti Chadema, sont écartées du scrutin ou emprisonnées, tandis que d’autres candidatures ont été invalidées pour des motifs jugés politiques.
Un climat de peur et de contrôle
Selon Amnesty International, le contexte électoral est « marqué par la peur », arrestations, pressions sur les médias, intimidation de militants. À la veille du vote, la police a promis une « sécurité maximale », avertissant que tout trouble serait sévèrement réprimé. Des affrontements isolés ont déjà éclaté à Dar es Salaam, alimentant les craintes d’une répression accrue.
Zanzibar, cœur des tensions
Dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, bastion de l’opposition, le vote anticipé a suscité de vives critiques. Le parti ACT-Wazalendo dénonce l’inscription irrégulière de dizaines de milliers d’électeurs supplémentaires, assimilée à une « manipulation du scrutin ». Le déploiement massif des forces de sécurité renforce le sentiment d’un vote sous surveillance.
Une élection test pour la démocratie tanzanienne
Samia Suluhu Hassan se présente comme la garante de la stabilité et du progrès. Mais pour de nombreux Tanzaniens, cette élection permettra surtout de savoir si la démocratie, mise à mal sous Magufuli, peut encore reprendre souffle.
Guelord Lubonzu

