La capitale congolaise est secouée par une affaire aux relents explosifs mêlant fortes sommes d’argent, images compromettantes et interrogations sur la gestion des fonds publics. À Kinshasa, une vidéo devenue virale montre des liasses impressionnantes de billets de 100 dollars exposées dans une chambre d’hôtel, relançant le débat sur la corruption en République démocratique du Congo.
Dans cette séquence, un individu filme et évoque ouvertement des montants importants : 200 000 dollars promis à un interlocuteur identifié comme Jean Robert, et jusqu’à un million de dollars qu’il affirme avoir déjà reçus en espèces. Selon les propos entendus, ces fonds proviendraient de la Banque centrale du Congo, une déclaration qui, si elle était confirmée, poserait de sérieuses questions sur la traçabilité des finances publiques.
L’affaire prend encore plus d’ampleur après la saisie de 1,9 million de dollars à l’aéroport international de N’Djili. Malgré l’intervention du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, qui a ordonné l’ouverture d’une enquête et la mise sous scellés des fonds, la polémique ne cesse de croître.
Les personnes visibles dans la vidéo seraient liées à une structure chargée de l’assainissement de sites publics, avec des connexions présumées jusque dans les cercles proches du pouvoir. Ces éléments alimentent les soupçons d’un système organisé, où les frontières entre ressources publiques et intérêts privés semblent floues.
Saisie du dossier, la CENAREF ainsi que d’autres institutions spécialisées dans la lutte contre le blanchiment d’argent ont lancé des investigations préliminaires.
Dans l’opinion publique, cette affaire est perçue comme le symptôme d’un mal plus profond : une corruption qui tend à s’installer durablement dans les rouages de l’État.

