Kinshasa, RDC – Face à l’inaction du gouvernement congolais, l’ASBL Semons la Miséricorde prend l’initiative d’implanter quatre forages d’eau dans les communes de Mont-Ngafula et de Kisenso. Cette action s’inscrit dans le cadre de leur projet « Buvons Ensemble et Pépinière des Élites du Congo » (BT-PEC), qui vise à répondre aux besoins cruciaux en eau potable des populations marginalisées de Tshikapa II et Amba, tout en transformant ces espaces en pôles éducatifs.
La Fondation Semons la Miséricorde, par le truchement de son projet Réveil Congo, attire l’attention des autorités centrales et provinciales sur les difficultés d’accès à l’eau auxquelles sont confrontés les habitants des quartiers périphériques de Tshikapa II et Amba. Ces quartiers font face à une quasi-absence de forages d’eau, ce qui aggrave la situation pour des groupes vulnérables tels que les personnes vivant avec un handicap. Selon M. Hipo Malwasa, co-fondateur de l’ASBL, ces personnes dépendent entièrement d’autres pour obtenir de l’eau, ajoutant une couche supplémentaire de difficulté à leur quotidien.
Les défis liés à l’accès à l’eau vont au-delà du simple manque de ressources. Les jeunes filles, en particulier, sont confrontées à des risques de harcèlement et de violences lorsqu’elles se rendent aux points d’eau. Les gangs locaux, communément appelés « Kuluna », représentent une menace constante. Un cas tragique a été enregistré à Amba, où une jeune fille nommée Aminata a été victime de viol alors qu’elle cherchait de l’eau en pleine nuit.
Face à ce tableau sombre, le collège de fondateurs de l’ASBL Semons la Miséricorde s’est réuni d’urgence pour élaborer une réponse efficace. Les mesures envisagées incluent le renforcement de la sécurité autour des points d’eau par l’installation d’éclairages, la sensibilisation des parents à ne pas envoyer leurs enfants la nuit, et surtout, la sollicitation de financements auprès d’organismes internationaux pour la mise en œuvre complète de leur projet BT-PEC.
Objectifs du Projet BT-PEC
Le projet BT-PEC ne se contente pas de fournir de l’eau potable. Il vise également à créer des centres d’encadrement pour les élèves, étudiants et autres membres de la communauté, transformant ainsi les sites de forages en pôles éducatifs et communautaires. Ces centres, surnommés « Petites Universités de Changement », offriront des formations variées, financées initialement par les revenus générés par les forages et d’autres bienfaiteurs.

Contexte
Pour une ville en pleine explosion démographique, les besoins de consommation journalière en eau potable sont estimés à 1 million de mètres cubes. Selon une dépêche de la cellule de communication de la présidence du mardi 23 août 2022, avec la mise en fonctionnement des usines de Lemba Imbu et Ozone, la Regideso devrait atteindre 550 000 mètres cubes de production journalière et améliorer sensiblement le taux de desserte.
Pendant son premier quinquennat, Félix Tshisekedi avait inauguré en août 2022 la nouvelle usine de traitement d’eau de Lemba-Imbu à Kinshasa. Ce premier module de cette usine a une capacité de production de 35 000 mètres cubes par jour pour près de 2 millions de personnes. Avec cette acquisition, la Régie de distribution d’eau (Regideso) augmente sa capacité de production d’eau potable pour la population kinoise. Ce premier module inauguré va desservir les habitants de N’djili et Kimbanseke, où la desserte en eau potable connaît de sérieuses difficultés.
En février 2023, il avait également procédé à l’inauguration de la première phase du complexe industriel de traitement d’eau potable de Binza Ozone. Cette première phase du projet est réalisée à hauteur de près de 71 millions de dollars pour une capacité de 110 000 mètres cubes par jour. Cette infrastructure a été réalisée grâce au financement de la Banque mondiale, d’abord dans le cadre du projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain, puis, dans un deuxième temps, dans le cadre du projet Kin Elenda.
Aubin Kandembi (Coordonnateur) & Christian Ntumba (Secrétaire Général)


